Félicien Rops, un amoureux de la vie

Le 11 juin 2020, par Claire Papon

Bienvenue dans l’univers érotique de Félicien Rops, tout particulièrement celui qu’il réalise pour Auguste Poulet-Malassis et que complètera Jules Noilly. Un recueil issu du fonds Aristophil.

Félicien Rops (1833-1898). Ensemble comprenant un dessin original et 162 estampes, dont 11 signées, une avec mention autographe, 9 rehaussées de retouches originales, le tout monté sur papier fort ou sur onglets et relié en un volume grand in-folio, maroquin grenat, gardes de tissu broché à motifs végétaux, tranches dorées (Cuzin).
Estimation : 80 000/120 000 

Le dessin original est un travail préparatoire pour sa gravure du frontispice de l’ouvrage Les Jeunes-France de Théophile Gautier, publié à Bruxelles en 1866 par Poulet-Malassis. 162 estampes, pour beaucoup en différents états et encres (noir, sépias, rouge), constituent des projets de frontispices pour des volumes publiés clandestinement à Bruxelles par le célèbre éditeur des Fleurs du mal. L’ensemble comprend aussi une lettre (autographe) de l’artiste belge à Poulet-Malassis de mars 1877, une autre, non datée, à l’éditeur d’estampes Alfred Cadart et un portrait photographique de Rops par Charles Neyt, à l’initiative du célèbre repas auquel participent Baudelaire et son éditeur, Rops, Alfred et Joseph Stevens, et Glatigny, pittoresque bohème qui fait la morale à sa chienne Cosette courant après les voitures. Acculé à la faillite en 1863, Poulet-Malassis se réfugie dans la capitale belge, où il n’en poursuit pas moins son activité d’éditeur, faisant une large part aux ouvrages érotiques dont il confie l’illustration à Rops. Le graveur namurois mène une double vie entre conventions bourgeoises et plaisirs, œuvres officielles et gravures coquines ; rappelons qu’il en dessinera près d’un millier. Si la collaboration fut fructueuse et l’amitié durable, Poulet-Malassis déplora toutefois l’incapacité de l’artiste à respecter les délais : « C’est un garçon d’un très grand talent mais qui ne travaille que par coups de tête. Il a une très belle fortune et un amour immodéré de la vie qui le détournent du travail. »

Panorama (avant-vente)

Correspondance artistique

Cette lettre de quatre pages écrite à l’encre attendue à 180 000/250 000 mardi 16, salle 3 à Drouot chez OVA Drouot Estimations (M. Oterelo, expert). Rédigée à quatre mains par Vincent Van Gogh (1853-1890) et Paul Gauguin (1848-1903) à Arles, le 1er ou le 2 novembre 1888, elle est adressée à Émile Bernard. Elle est exceptionnelle par la réunion des deux immenses peintres mais aussi par leur lucidité à l’égard de leur apport aux générations suivantes. Arrivé à Arles le 20 février 1888, Van Gogh rêve bientôt d’y créer une communauté d’artistes. Le 23 octobre, Gauguin pose à son tour tubes et chevalet. Après deux mois d’intense activité, les deux hommes s’affrontent en raison d’une incompatibilité d’humeur et de divergences artistiques. Le 23 décembre, Van Gogh se tranche le lobe de l’oreille gauche, son compagnon quitte Arles, emportant le rêve de l’atelier collectif…

Agenda
Intitulée Vincent, Paul, Émile et les autres, ce 29e opus des colllections Aristophil (voir En couverture, Gazette n° 22, page 6) réunit nombre de lettres de peintres comme cette missive de quatre pages de Vincent Van Gogh à Émile Bernard, rédigée à Arles début novembre 1888 et attendue à 180 000/250 000 €. Ou encore comme les correspondances fraternelles entre Auguste Renoir et Claude Monet s'inquiétant du sort d'Olympia d'Édouard Manet (2 000/3 000 €), celle du Douanier Rousseau se lançant dans l'écriture de La Vengeance d'une orpheline russe  (88 pages in-folio, 1899, 20 000/30 000 €), ou celle de Picabia, maître en provocation, couvrant sa compagne Germaine Everling de poèmes saturniens. Marc Chagall dessine jusqu'à l'obsession l'image de Bella (carnet de 85 pages de dessins, 1940-1960, 80 000/100 000 €), René Magritte remercie son compatriote Henri Michaux pour sa lucidité visionnaire (3 000/4 000 €), ce dernier renouvelant les idéogrammes chinois (49 feuillets in-8°, 1969, 20 000/30 000 €). Sans oublier un exemplaire unique sur japon de la Chronique des temps héroïques, rédigée par Max Jacob en 1936-1937 et publiée pour le 80e anniversaire de sa naissance, cet exemplaire-ci étant illustré par Picasso (50 000/60 000 €), ainsi que l'ensemble érotique de Félicien Rops (80 000/120 000 €).
mardi 16 juin 2020 - 14:00 - Live
Salle 3 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Drouot Estimations , Les Collections Aristophil
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