À l’autre bout du monde

Le 23 juin 2020, par Claire Papon

Passionné de régates et de navigation en solitaire, consultant pour la Compagnie générale transatlantique, Marin-Marie sillonna les mers du globe, un crayon dans une main, un pinceau dans l’autre. Direction, cette fois, la Polynésie.

Paul Emmanuel Durand Couppel de Saint-Front dit Marin-Marie (1901-1987), Le Mariposa dans la baie de Vahitape (Bora-Bora), gouache, 44 53 cm.
Estimation : 22 000/25 000 

Mer turquoise, ciel pommelé de nuages blancs, Marin-Marie, de son vrai nom Paul Emmanuel Durand Couppel de Saint-Front, embarque le spectateur pour une croisière immobile dans les îles paisibles d’Océanie. C’est en 1969, à Bora-Bora, qu’il effectue son dernier grand voyage, rejoignant son fils Yves de Saint-Front (1928-2011), peintre et vitrailliste. Les deux hommes vont peindre côte à côte les paysages polynésiens pendant plusieurs semaines. Notre aquarelle montre Le Mariposa. Lancé en 1952 et long de 172 mètres, ce bateau assura jusqu’en 1978 la liaison entre les îles du lagon, pour 365 passagers, uniquement en première classe. En 1996, le musée Gauguin, à Tahiti, consacrait une exposition à celui qui conjugua avec talent sa passion pour la peinture et celle pour la mer. Initié à celle-ci par son père, Marin-Marie débute comme matelot sur Le Pourquoi pas ? du commandant Charcot, en 1925, et effectue sa première traversée de l’Atlantique en 1933, devenant le deuxième Français, après son ami Alain Gerbault, à rejoindre New York en solitaire à la voile. C’est aussi à lui que l’on doit les trois cheminées au profil aérodynamique très caractéristique du Normandie. Nommé peintre officiel de la Marine en 1935, il laisse une œuvre variée – toiles, aquarelles, affiches, illustrations d’ouvrages –, partagée entre portraits de trois-mâts, hauturiers, goélettes et bateaux de pêche, paysages de Chausey d’une profonde sensibilité. Dépaysement garanti…

Agenda
La première heure revient à des livres anciens et modernes (certains issus de la bibliothèque d'Eugène de Lanneau, 1807-1894), les suivantes proviendront des cimaises où l'on a relevé une suite de quatre aquarelles, plumes, encre et crayons de Carle Vernet figurant des Courses de chevaux (15 000/20 000 €), un Portrait présumé de Léopold Boilly à l'aquarelle par François Bouchot (300/400 €), des projets de bas-reliefs à sujets inspirés de l'antique, de Bernard-Gabriel Seurre (250/300 € chacun). D'Henri Labrouste, une vue de La Villa Médicis (plume et lavis d'encre brune), datée 1825, est estimée 400/600 €, de Théodore Turpin de Crissé, un Jardin d'une villa au bord d'un fleuve (plume et lavis d'encre brune) nécessitera 1 500/2 000 €. Au chapitre de la marine, on surveillera plus particulièrement une gouache de Marin-Marie exécutée lors de son séjour en Polynésie en 1969 (22 000/25 000 €), deux cadrans solaires en ivoire XVIIe du Dieppois Charles Bloud (4 000/5 000 € et 1 500/2 000 €), un curieux globe gonflable en papier imprimé et colorié des années 1830 d'Edmé Benoit (8 000/10 000 €), et une maquette en ivoire d'une frégate légère gréée et voilée, travail dieppois du début XIXe (7 500/8 000 €). Pour ceux qui n'y croiraient pas, il leur suffira de venir voir une grande toile (134 x 169 cm) de Thomas Blanchet figurant L'Incrédulité de saint Thomas. Brilleront enfin et respectivement à 15 000/25 000 € et 10 000/15 000 € une broche barrette attribuée à Chaumet, ornée d'une ligne de 19 diamants coussin de taille ancienne et un collier draperie XIXe serti de diamants de taille ancienne alternés de motifs fleuris sertis d'autres plus petits.
mardi 30 juin 2020 - 14:00 - Live
Paris - 10, rue Rossini - 75009
De Baecque et Associés
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