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Panorama (avant-vente)

Gourmande créature mythique maya

Le 16 janvier 2020, par Claire Papon

Classique, ce vase maya connu depuis les années 1980 figure en bonne place dans une vente d’art précolombien. Son décor témoigne de l’importance des êtres surnaturels dans cette civilisation.

Gourmande créature mythique maya

Si ses dimensions et son état de conservation ne soulèvent pas de commentaires particuliers, l’ornementation de ce vase, qui se répète des deux côtés, appelle une explication. Elle figure très probablement l’un de ces êtres surnaturels appelés way en maya ; il tient dans la main gauche un couteau en obsidienne, dans la droite une sorte d’arme, connue sous le nom d’«excentrique», également taillée dans la roche volcanique – vieille de plus de trente-six mille ans – considérée comme la pierre du Mexique, où elle était abondamment extraite et transformée. Sorte de double spirituel, le way était une créature mythique liée à l’inframonde, qui pouvait prendre la forme d’un humain, d’un phénomène météorologique mais aussi souvent d’un animal, représentation de la part d’animalité en chacun. Une telle vision aurait motivé le nombre important de figures zoomorphes dans l’art mésoaméricain en général, maya en particulier. Notre personnage, au front ceint d’un bandeau d’où s’échappe son abondante chevelure retenue en une queue de cheval, est entouré de volutes de feu et de fumée. Difficile de le désigner en l’absence de glyphes, mais sa coiffure rappelle celle de Sits’chamiiy, le way glouton et gourmand. Ce vase fait partie des productions du royaume de Kaan, dans l’État de Campeche au sud-est du Mexique. Comme sa rivale Tikal, Kaan traversa la plus grande partie de la période classique (200-900 apr. J.-C.), avant que sa capitale Ox Te tuun (Calakmul) ne soit engloutie par la jungle.

Agenda
Plusieurs provenances se succèdent au sommaire de cette dispersion de spécialité. À commencer par celle de la succession de monsieur M. Fasciné par l'Amérique précolombienne à l'occasion d'une exposition au musée Rath de Genève, celui-ci fait l'acquisition de sa première pièce à l'Hôtel Drouot il y a une quinzaine d'années : un masque Teotihuacán. D'autres suivront qui prendront place parmi ses tableaux modernes. Une soixantaine d'œuvres sont aujourd'hui proposées dont deux masques en pierre verte d'époque classique de cette civilisation mexicaine (25 000/35 000 et 80 000/120 000 €), des parures en or martelé et découpé dont un masque figurant le visage d'un chaman aux yeux amovibles incrustés de pierres vertes semi-précieuses de la Tolita (Équateur, 50 000/80 000 €) et un ensemble d'une vingtaine de pièces, destinées à un seigneur (Chavin, 40 000/70 000 €). On poursuit avec la collection d'un certain monsieur B., emmenée par un grand vase cultuel en terre cuite de l'île de Marajo en Amazonie brésilienne, à décor incisé de divinités humaines et animales (25 000/35 000 €), un vase cérémoniel maya (vallée de l'Ulua, Honduras, 900-1200 apr. J.-C.) en marbre blanc incisé d'écailles de serpent (30 000/40 000 €). De la civilisation maya encore, 12 000/18 000 € sont demandés d'une statue en terre cuite beige orangée modelée d'une femme dignitaire aux mains et à la coiffure imposantes (Tiquisate, 250-650 apr. J.-C.), 15 000/25 000 € d'une Vénus de fertilité callipyge en terre cuite polychrome Chupicuaro (État du Guanajuato, 500-1000 av. J.-C.). De la collection Gerald Berjonneau enfin, c'est entre 22 000 et 28 000 € que pourrait trouver preneur un trône sculpté de la tête du dieu crocodile, en pierre volcanique de Guanacaste Nicoya (Costa Rica, 1000-1500 apr. J.-C.).
mercredi 22 janvier 2020 - 15:00 - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009
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