Le Corbusier, un dessin pour un totem

Le 26 mai 2021, par Sophie Reyssat

Trois études ayant appartenu à Joseph Savina évoquent la collaboration de l’architecte avec ce sculpteur.

Charles-Édouard Jeanneret dit Le Corbusier (1887-1965), Ozon (étude pour Ozon, Opus I), gouache sur papier dans son cadre d’origine conçu par Joseph Savina, 81,2 62,4 cm avec cadre.
© F.L.C. / ADAGP, Paris, 2021

Estimation : 20 000/30 000 

Le Corbusier et l’ébéniste Joseph Savina se sont rencontrés en 1935. Chacun se positionne alors comme un rénovateur dans son domaine. Après son apprentissage à Tréguier – où il dirigera un atelier jusqu’en 1970 – et son diplôme de meilleur ouvrier de France en poche, Savina rejoint le groupe breton Seiz Breur, avec lequel il conçoit des meubles fonctionnels au design nouveau, adaptés à l’évolution de l’habitat dans l’entre-deux-guerres, et privilégiant la ligne plutôt que le décor. De quoi séduire Le Corbusier. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce dernier séjourne à Ozon, où il réalise une série de dessins auxquels il donne le nom de cette commune des Hautes-Pyrénées. Ils sont à l’origine de sa collaboration avec Savina, qui les transposera en trois dimensions. La peinture, dont la polychromie est choisie par Le Corbusier, accentue la mise en volume des formes. L’étude reproduite est ainsi devenue une sculpture en 1947. Une autre feuille témoigne du travail d’adaptation nécessaire avant la finalisation de ces «totems» : un pastel, graphite et encre sur papier réalisé en 1961 pour le deuxième essai de L’Enfant est là, taillé la même année, à partir d’un premier dessin de 1936 (15 000/20 000 €). Selon le même principe, Le Corbusier a exécuté un nouveau dessin en 1964 pour Ubu Panurge, dont le thème fait allusion à la pièce de théâtre d’Alfred Jarry (5 000/8 000 €).

Panorama (avant-vente)

Le Corbusier pour Savina

Le 03 juin 2021, par Sophie Reyssat

Les trois gouaches de Le Corbusier, préparatoires à leurs transpositions en trois dimensions sculptées par Joseph Savina, tenaient leurs promesses le samedi 29 mai, à Fontainebleau (Osenat OVV. M.  Morin-Williams). La plus remarquée, Ozon, datée de 1940-1945, se négociait à 52 500 € (73 54,5 cm, voir l'article Le Corbusier, un dessin pour un totem de la Gazette n° 21, page 110). Pendant ce temps-là, en 1943, Gaston Chaissac utilisait la gouache et l’aquarelle pour réaliser une Figure en buste emportée pour 15 625 € (31,7 24 cm). Dix ans plus tôt, Gaston Suisse faisait honneur à l’art déco avec ses Cobras et tangaras dans les cactées en fleurs, un crayon gras et pastel (135 85 cm), décroché à 12 500 €.

Agenda

Le samedi 29, Le Corbusier sera la tête d’affiche d’une vente entièrement consacrée au XXe siècle, grâce à ses dessins Ozon et L’enfant est là, donnés à Joseph Savina qui s’en inspira pour en faire des sculptures (entre 5 000 et 30 000 €). Cousin et associé du créateur, Pierre Jeanneret sera notamment représenté par ses sièges fabriqués pour Chandigarh (autour de 8 500 € la paire). Louis Cane se démarquera, grâce à sa table « au dessin » de 2003, ainsi nommée en raison de son plateau en pavage de chêne serti de bronze (8 000/10 000 €). Ces formes géométriques se marieront avec l’esthétique art déco de Gaston Suisse, qui signe un crayon gras et pastel exécuté vers 1934 : Cobras et tangaras dans les cactées en fleurs (6 000/8 000 €). Raymond Delamarre sera remarqué pour Berger et son troupeau, un bas-relief en plâtre de 1909-1910 (3 000/4 000 €).

samedi 29 mai 2021 - 10:30 - Live
Fontainebleau - 9-11, rue Royale - 77300
Osenat
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