Décorum impérial

Le 03 avril 2019, par Sophie Reyssat
Époque Empire. Fauteuil impérial à dossier médaillon, en bois doré sculpté d’un tore de laurier rythmé par des rubans transversaux de perles et de fleurons, les montants quadrangulaires ornés de palmettes, épis de blé, rosaces et fleurs de lotus stylisées, numéro d’inventaire 3872 du musée de San Francisco, 124 76 67 cm (modifications, restaurations).
Estimation : 60 000/80 000 

Difficile de trouver mieux qu’un trône pour évoquer le règne de Napoléon Ier. Si les rois de l’Ancien Régime pouvaient recevoir dans leurs espaces privés, l’Empereur souhaite marquer son règne du sceau de la solennité pour asseoir son autorité. Il fait ainsi réaliser quatre trônes par Jacob-Desmalter, destinés aux principaux lieux de sa représentation : les assemblées du Corps législatif et du Sénat, dont il suit les débats, et naturellement ses résidences du château de Saint-Cloud et du palais des Tuileries. Chacun a été réalisé d’après des dessins différents. Pour le premier d’entre eux, commandé en 1804 pour le Sénat, Jean-François-Thérèse Chalgrin s’est inspiré du modèle romain en marbre pour une prêtresse de Cérès, pris au Vatican et exposé au Muséum central des arts. Le dossier cintré est toutefois un ajout par rapport au modèle antique. Cette nouveauté se retrouve sur le fameux siège des Tuileries  celui de la cérémonie du sacre, aujourd’hui conservé au Louvre , auquel cet exemplaire de représentation, tel qu’il pouvait en exister dans les différentes résidences impériales de l’Empire, est à rapprocher. Une iconographie emblématique, s’appuyant sur les symboles de l’Antiquité, est en place. Telle une couronne triomphale, un tore de laurier épouse la courbe du dossier. Formant des pilastres, les supports d’accotoirs soulignent la majesté de l’ensemble. Le projet de Percier et Fontaine pour le siège impérial des Tuileries a prévu deux boules d’ivoire pour les surmonter, que l’on retrouve ici plus simplement en bois doré. Ce siège d’apparat, dont la localisation initiale reste difficile à établir, avait été acquis par le journaliste et homme d’affaires américain Michael Henry de Young, avant d’intégrer le musée des beaux-arts de San Francisco, créé par le philanthrope en 1895 et portant son nom. L’institution s’en est dessaisie l’an passé, pour le plus grand bonheur des collectionneurs qui le retrouvent aujourd’hui dans la ville impériale de Fontainebleau. 


 

Fastueuse, avec sa monture d’or ajourée, soulignée d’émaux et sertie de diamants et de rubis, cette décoration Neshân e-Mehr du grand ordre du Soleil
Fastueuse, avec sa monture d’or ajourée, soulignée d’émaux et sertie de diamants et de rubis, cette décoration Neshân e-Mehr du grand ordre du Soleil illustre les relations diplomatiques entre la France et l’Iran. Son texte persan, en écriture nasta’liq, évoque en effet le traité signé entre Napoléon Ier et le shah Fath’ali Shah, qui offrit cet insigne au secrétaire d’État Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano. Ce dernier a en effet représenté la France lors de ce pacte d’amitié de Finkenstein, en 1807. Alors que Napoléon promettait d’œuvrer à la restitution à la Perse de territoires caucasiens annexés par les Russes, le shah s’engageait à rompre ses relations diplomatiques avec l’Angleterre, et à participer à une coalition devant envahir l’Inde. Ce souvenir historique, accompagné de trois documents persans et de leurs traductions, sera proposé autour de 100 000 €.
Sous Napoléon III, la cour n’a rien perdu de sa superbe, comme en témoigne ce bijou, réalisé vers 1855, composé du chiffre royal «IE» diamanté sous un
Sous Napoléon III, la cour n’a rien perdu de sa superbe, comme en témoigne ce bijou, réalisé vers 1855, composé du chiffre royal «IE» diamanté sous une couronne impériale. Tenant à la fois de la marque d’honneur et de l’insigne de fonction, il était porté par les dames de la maison de l’impératrice Eugénie (25 000/35 000 €). Cette décoration a appartenu à Charlotte Lefebvre-Desnouettes, baronne de Sancy de Parabère. Sans doute moins de vingt exemplaires de ce modèle ont été réalisés pour les dames du palais. Elles étaient en effet au nombre de quinze, placées sous la direction de la princesse d’Essling, assistée par la duchesse de Bassano au titre de dame d’honneur, qui fut remplacée à sa mort par la comtesse Waleswka.

Le musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau conserve un portrait similaire de L’Impératrice Joséphine portant sa parure de perles, une miniatu
Le musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau conserve un portrait similaire de L’Impératrice Joséphine portant sa parure de perles, une miniature ovale sur ivoire (5 3,6 cm), signée Daniel Saint (1778-1847). Ses innombrables bijoux, plu
Alors que l’exposition «Toutânkhamon», vient d’ouvrir ses portes à Paris pour célébrer le centenaire de la découverte du tombeau royal, cette Descript
Alors que l’exposition «Toutânkhamon», vient d’ouvrir ses portes à Paris pour célébrer le centenaire de la découverte du tombeau royal, cette Description de l’Égypte arrive à point nommé pour rappeler l’origine de l’engouement français pour la civilisation antique. Celle-ci résulte de la compilation des observations et des recherches faites par les savants pendant l’expédition d’Égypte, grâce à la Commission des arts et des sciences créée par Kléber en 1799. Ces vingt-deux volumes, imprimés entre 1809 et 1813, puis de 1817 à 1822-[1829], et rangés dans leur meuble de chêne, ont pour particularité de renfermer huit planches en épreuves d’état avec bons à tirer de l’éditeur C. l. F. Panckoucke, datés du 4 octobre 1820 au 4 février 1822, pour la seconde édition. Une rareté, qui justifie notamment une estimation entre 80 000 et 100 000 €.


 

dimanche 07 avril 2019 - 11:00 - Live
Fontainebleau - 9-11, rue Royale - 77300
Osenat
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