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De Chiparus à Dunand, les sirènes de l’art déco

Le 17 novembre 2021, par Sophie Reyssat

De Chiparus à Dunand, les artistes sont sous le charme d’une nouvelle image de la femme.

De Chiparus à Dunand, les sirènes de l’art déco
Demeter Chiparus (1886-1947), Étoile des mers, sculpture chryséléphantine à patine argentée reposant sur une base en onyx, épreuve en bronze patiné, tête et mains en ivoire, signée, 75 23 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

La femme moderne est née avec l’esprit de liberté soufflant sur les années 1920. Grâce à une indépendance chèrement acquise pendant la Première Guerre mondiale, elle a libéré son corps du carcan des vêtements et pratique de nouvelles activités, comme certains sports, qui lui donne un statut de créature sensuelle et mystérieuse. Les silhouettes longilignes et gracieuses deviennent les égéries des artistes. Chevauchant une antilope, une nouvelle Diane s’élance ainsi sur un vase de la série «Venatoria» créé par Gio Ponti pour Richard Ginori, vers 1929 (4 000/6 000 €), tandis qu’une nymphe parée de corail se rafraîchit sous les gouttelettes d’argent d’un jet d’eau, sur un panneau de laque signé Jean Dunand, en 1928 (45 000/60 000 €). Avide de plaisirs légers, la période de l’entre-deux-guerres est propice à la fantaisie des œuvres. Elles mêlent le réalisme des physionomies à l’imaginaire suscité par les poses des modèles, et les effets des matériaux précieux. Demeter Chiparus l’a bien compris, le sculpteur préférant s’orienter vers de petits formats décoratifs adaptés aux intérieurs, plutôt que de suivre la voie des monumentales commandes officielles pour les éditions du Salon. Son choix de la technique chryséléphantine lui permet de traduire au mieux l’ambiance de luxe et d’exotisme qui règne alors à Paris, et le pantographe lui permet de reproduire ses œuvres à différentes échelles. Du haut de ses 75 centimètres, cette Étoile des mers est la plus grande version de ce modèle de charme.

Panorama (avant-vente)

Chambost, création exclusive

Le 17 novembre 2021, par Sophie Reyssat
Chambost, création exclusive

Présenté le mardi 23 novembre, à Neuilly (Aguttes OVV), ce grand vase cylindrique de Pol Chambost (1906-1983) est une rareté : il est l’un des six exemplaires commandés par Colette Gueden, directrice artistique de Primavera, pour sa foire-exposition «Commedia dell’arte», en 1959. Deux vases ont été fabriqués à l’époque pour chaque couleur et décor de ce modèle 1100 (h. 37,5 cm). La styliste a donné ses directives en dessinant les instruments de musique qu’elle souhaitait, et Chambost les a interprétés en s’inspirant de l’esthétique cubiste de Braque, comme le montre ce violon émaillé en noir sur fond blanc. Pour l’intérieur de sa pièce, il a choisi le contraste d’un jaune tilleul.
Estimation : 2 000/3 000 

Agenda

De Lalique à Gio Ponti en passant par Arno Jacobsen, les 155 entrées du catalogue offrent un large panorama du design du XXe siècle. Un panneau en laque de Jean Dunand (1877-1942) figurant une baigneuse (45 000/60 000 €), une sculpture chryséléphantine de Demeter Chiparus (1886-1947) – épreuve en bronze signée et intitulée Étoile de mer – (60 000/80 000 €) ou encore un vase balustre sur talon signé Émile Gallé (10 000/15 000 €) forment des lots importants de cette vacation orchestrée par la maison Aguttes. Notons également la présence de trois appliques « Élysée » de Pierre Paulin (1927-2009). Pour chacun des exemplaires de ce modèle conçu en 1972 pour le Palais de l’Élysée, entre 8 000 et 12 000 euros seront attendus.

mardi 23 novembre 2021 - 14:30 - Live
Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine
Aguttes
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