La Russie éternelle de Georges Lapchine

Le 10 décembre 2020, par Claire Papon

Ce paysage hivernal de Georges Lapchine est l’œuvre la plus attendue de la collection Armen Petrossian. À déguster sans modération…

Georges Lapchine (1885-1951), Après la messe, commencement du printemps en Russie, huile sur panneau, 129 150 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Le réel se mêle ici à l’imaginaire. Si l’artiste n’a pas jugé bon de situer son tableau, c’est que son sujet fait partie de la vie quotidienne et que ses personnages, en habits médiévaux, marquent la vogue néorusse des années 1920-1930. Les premiers rayons du soleil d’un dimanche de printemps annoncent la fin du long hiver. Notre tableau est probablement celui qui figurait au Salon des artistes français de 1936 au palais des Champs-Élysées, sous le numéro 1431, tandis qu’une étude préparatoire sur toile, cadeau de Lapchine au peintre Jean Erblet vers 1935, était adjugée 26 023 € le 4 mars 2009 (Ader OVV). Difficile de ne pas voir dans cette scène l’expression de la tendresse et de la nostalgie que le peintre éprouve pour son pays natal. Coupé de ses racines, exilé de la révolution de 1917 –  il s’installera définitivement à Paris en 1924 –, ce natif de Moscou, formé à l’académie Stroganov puis auprès de Fernand Cormon lors d’un premier séjour en France, a certainement le mal du pays. Il laisse des décors pour l’Opéra-Comique, les Folies-Bergère ou le cabaret Sésame de Monte-Carlo. Ce tableau quitte aujourd’hui la collection Armen Petrossian –directeur de la célèbre maison de produits de luxe et grand russophile  – tout comme des œuvres de Martiros Saryan et Constantin Korovine, des icônes, de l’orfèvrerie et des émaux cloisonnés, des décorations, des armes et des ceintures caucasiennes, dont les estimations oscillent de quelques centaines à 15 000 €. Les amateurs ont du grain à moudre…

Agenda
Les quarante premiers coups de marteau sont destinés à des icônes et des tableaux de Jean Peské, Georges Lapchine, Adolph Feder, Pierre Perchin, Constantin Korovine (Les Quatres Paysans, 8 000/12 000 € et Printemps à Okhotino, 1901, 30 000/50 000 €), Alexis Gritchenko et Martiros Saryan, David Kakabadzé et Serge Férat. Comme à l'accoutumée, l'orfèvrerie et les émaux cloisonnés prennent le relais dont un kovch d'honneur de Kurliukov (30 000/50 000 €).
mardi 15 décembre 2020 - 02:00 - Live
Atelier Richelieu - 60, rue de Richelieu - 75002
Pierre Bergé & Associés
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