La charge d’une lame impériale

Le 19 décembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Un sabre d’officier des chasseurs à cheval de la garde de l’Empereur ne craignait pas d’affronter le combat et en sortait victorieux.

Premier Empire. Sabre d’officier subalterne des chasseurs à cheval de la Garde impériale, garde à une branche en laiton ciselé et doré, lame à dos rond et gorge latérale gravée de l’inscription «Chasseurs à cheval», fourreau de laiton doré et gravé, l. 102 cm.
Adjugé : 103 648 

L’enchère de 103 648 € portée sur ce sabre d’officier des chasseurs à cheval en surprenait plus d’un parmi les amateurs, pourtant rompus au succès de ces souvenirs militaires du premier Empire. En l’occurrence, il y avait ici une explication. Si le modèle, fabriqué par Duc, un «fourbisseur» (sic) attitré de la Garde impériale (installé rue Saint-Honoré à Paris), est connu, celui-ci est d’une version plus luxueuse et a donc certainement été exécuté pour un officier d’un grade supérieur. Les différences se remarquent principalement au niveau du décor, particulièrement riche, et de la gravure de la lame, ce qui n’a bien sûr échappé à personne. Les chasseurs à cheval de la Garde sont les fleurons de a Grande Armée, leur mission première étant d’assurer la garde personnelle et rapprochée de l’Empereur à chaque fois qu’il quitte son palais ou son bivouac. Napoléon leur voue un attachement tout particulier (au même titre que ses grenadiers à pied). Il n’hésitera pas non plus à les envoyer en première ligne, et notamment dans les moments critiques comme à Austerlitz, lorsqu’ils bousculeront les chevaliers-gardes russes, ou à Waterloo, pour attaquer les carrés britanniques. Il s’agira de la dernière charge de leur histoire.

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