Vue sur la Laïta par Pierre Prins

Le 03 juin 2020, par Sophie Reyssat

Pierre Prins fais parti de ces petits maîtres qui expriment leur liberté de touche à travers des paysages initiateurs de l’impressionnisme.

Pierre Prins (1838-1913), La Laïta au Pouldu à mer basse en septembre, 1899, pastel, 58 72 cm.
Estimation : 2 500/3 500 

Des amateurs reconnaîtront peut-être certains sujets parmi les quelque quatre-vingts œuvres de la collection Barrie-Chevalier, dispersée en ouverture de vacation. Depuis 1995, les deux passionnés à l’origine de ce florilège avaient en effet décidé de faire connaître leurs trésors à travers des expositions. Équitablement répartis entre des dessins et des huiles, certains prennent aujourd’hui le chemin des enchères, dans une fourchette de 50 à 4 000 €. Trois pastels donneront ainsi l’occasion de revenir sur le talent de Pierre Prins, dont l’œuvre était quelque peu oubliée, jusqu’à ce que le musée de Fécamp, où l’artiste a exercé son crayon, ne la remette en lumière en 2013. La touche impressionniste de cet ami de Manet sera ainsi notamment évoquée par cet intéressant point de vue sur un estuaire breton. D’autres arbres, plus méditerranéens, éclaboussés par le soleil de l’Esterel et ployés par un coup de vent soufflant sur Agay, seront mis en avant par Jean Baptiste Armand Guillaumin (3 000/5 000 €). Les paysages barbizoniens auront également la part belle, comme les vues du Val-d’Oise. L’eau tranquille de la rivière, enjambée par un pont de bois, occupera ainsi toute la largeur d’un panorama peint par Victor Vignon (1 000/1 200 €). La poésie s’invitera au programme avec Rosa Bonheur, mettant en scène Le Corbeau et le Renard en lisière de forêt, dans un fusain rehaussé de craie blanche (3 000/4 000 €).

Panorama (avant-vente)

Pastel de Vigée Le Brun

Vous aurez reconnu dans ce Portrait d’un enfant en tunique blanche tenant une grappe de raisin, dit Enfant tenant une pourpre de vigne (45 38 cm), la touche tout en douceur de Louise Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842). Estimé entre 30 000 et 50 000 €, ce pastel marouflé sur papier, présenté par Mirabaud - Mercier OVV, le mercredi 25 mars en salle 6, à Drouot (expert : MM. de Bayser), provient vraisemblablement de la collection de Joseph Hyacinthe Francois de Paule de Rigaud, comte de Vaudreuil. Après un peu plus de douze ans d’exil, l’artiste revient à Paris en 1802. Elle n’abandonne pas pour autant totalement l’Angleterre, où elle effectue un long voyage, jusqu’en 1805. C’est dans ce laps de temps qu’a été exécuté ce portrait. AVIS : VENTE REPORTÉE

Agenda
L'enchère la plus appuyée devrait accueillir en début de séance un Portrait d'enfant en tunique blanche tenant une grappe de raisin au pastel d'Élisabeth Vigée Le Brun. Cette œuvre exécutée dans les années 1802-1805, c'est-à-dire après son retour d'émigration ou pendant son séjour de deux ans en Angleterre, a vraisemblablement fait partie de la collection de Joseph Hyacinthe de Rigaud, comte de Vaudreuil (1740-1817). Elle est espérée entre 30 000 et 50 000 €. On poursuit avec la collection Barrie Chevalier de paysages de l'école de Barbizon et ceux liés au Val d'Oise, d'autres liés au monde du théâtre. Ils laissent la place à un séduisant pastel et aquarelle du Suédois Carl Olof Larsson, Fillette cousant sur une chaise (6 000/8 000 €), à une toile de Charles Camoin conservée depuis 1930 dans une collection particulière, Quatre mâts et bateaux à vapeur dans le port de Marseille (30 000/50 000 €), à une œuvre de Lucien Simon, Carriole sur un chemin en Bretagne (6 000/8 000 €). Des arts décoratifs du XXe, on a retenu un "fronton aux moineaux" en verre moulé pressé de René Lalique (modèle créé en 1933 et non repris après 1947, 4 000/6 000 €) et un pichet de Pablo Picasso en faïence, Femme, 1955, d'une édition à cent exemplaires réalisé dans l'atelier Madoura (8 000/10 000 €).
vendredi 12 juin 2020 - 14:00 - Live
Paris - 174, rue du Faubourg Saint-Honoré - 75008
Mirabaud - Mercier
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