Quand Dalí marie philosophie et alchimie

Le 03 mai 2018, par Philippe Dufour
Salvador Dalí (1904-1989), Alchimie des philosophes, Paris, éditions Art et Valeur, 1976, dix estampes originales sur parchemin, numéroté 112/225, emboîtage : 83 x 64 x 20 cm, planches : 76 x 56 cm.
Adjugé : 12 700 €

Placée sous le signe du XXe siècle, une vacation cannoise avait choisi d’évoquer maîtres et virtuoses de cette période de révolutions esthétiques. C’est le mage de Cadaquès qui ouvrait le bal avec un ouvrage ébouriffant : L’Alchimie des philosophes. Ces manuscrits alchimiques anciens, habillés par Salvador Dalí, repris en fac-similé, ont été rassemblés par Ariane Lancell et Yves Gauguet, et proposés au public par les éditions Art et Valeur, à Paris, en 1976. Pour ces traductions originales en français et en anglais, où l’on parcourt tour à tour les philosophies chinoise, indienne, grecque, arabe, hébraïque et occidentale à travers leurs textes clés, Salvador Dalí a imaginé un ouvrage futuriste. Par son emboîtage d’abord : il est en cuir et parchemin en deux volets, s’ouvrant sur les planches et les textes, avec un premier plat reprenant le thème des roues combinatoires mises au point par Raymond Lulle, symbolisées par un motif en résine mobile aux inclusions de mercure. À l’intérieur, les textes sont enrichis de dix estampes originales en technique mixte, lithographie, sérigraphie, taille-douce et même incrustations de pierres, signées et justifiées au crayon, tirées sur parchemin. Malgré sa taille imposante, cette somme a été conçue pour être parcourue avec facilité ; une des raisons, sans doute de son succès lors de ses passages en salles de ventes, comme ici où elle était disputée jusqu’à 12 700 €. Un décorateur et ensemblier célèbre prenait la relève : Jules Leleu, créateur cette fois d’un lampadaire à structure en métal brossé, à trois fûts cylindriques rainurés, reposant sur un piétement tripode, qui était acheté pour 12 000 €. 

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