La villa Abd-el-Tif, au cœur de la création algéroise

Le 18 juin 2020, par Philippe Dufour

Les années 1900 et 1930 étaient à l’honneur grâce à deux œuvres, l’une peinte, l’autre sculptée, qui célébraient respectivement l’orientalisme et l’art déco.

Eugène Deshayes (1862-1939), Villa Abd-el-Tif, Alger, huile sur carton, 80 73 cm.
Adjugé : 8 065 

Eugène Deshayes pouvait difficilement échapper à l’inspiration de l’Orient : il est né et décédé en Algérie, y a vécu et travaillé. S’il commence ses études aux Beaux-Arts d’Alger en 1882, il rejoint bientôt ceux de Paris, sous la direction de Jean-Léon Gérôme. En 1890, il retourne dans son pays natal, qui deviendra sa principale source d’inspiration, à l’origine de somptueux paysages et portraits d’autochtones, saisis dans l’Aurès, la Kabylie, l’Oranie ou le Constantinois. Les médailles le récompensent à Paris, d’or à l’Exposition universelle de 1900, et il expose dès lors partout en Europe. La luxuriance colorée fixée ici est celle d’un coin du jardin d’une célèbre demeure algéroise, la villa Abd-el-Tif. Cette ancienne résidence d’un dignitaire, liée au pouvoir ottoman au XVIIIe siècle, devient à partir de 1907 la Maison des artistes métropolitains, où vont séjourner peintres, sculpteurs, graveurs et architectes venus de France. L’un de ses premiers pensionnaires ne sera autre que Paul Jouve… Témoignage précieux, notre huile sur carton (80 73 cm) a finalement été adjugée 8 065 €. À l’opposé de la sensibilité postimpressionniste de Deshayes, se détachait La Conquête du cheval, un bas-relief en plâtre doré (135,5 151 cm) et réalisé d’après le panneau exécuté par Jean Dunand pour le fumoir du Normandie en 1935 (voir l'article D’après Jean Dunand page 138, Gazette n° 23). Son auteur ? Roger Mequinion : très actif dans les arts décoratifs des années 1930, il était aujourd’hui récompensé par 7 943 €.

samedi 13 juin 2020 - 09:00 - Catalogue
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