Rendez-vous au Pont-Neuf avec l’illustre Tabarin

Le 02 juillet 2020, par Philippe Dufour

Savoureux morceau de scène de genre en plein air, la composition d’Adrien Moreau a enthousiasmé le public de Rennes, alors que l’ébéniste Pierre Migeon gardait ses fidèles.

Adrien Moreau (1843-1906), Les Tréteaux de Tabarin au Pont-Neuf, huile sur toile, 90,5 117 cm.
Adjugé : 34 563 

Une représentation importante d’un peintre historiciste parisien se retrouvait sous les feux de la rampe avant de recueillir 34 563 € : Les Tréteaux de Tabarin au Pont-Neuf (90,5 117 cm, voir Gazette n° 24, page 158). Son auteur, Adrien Moreau, a fait des débuts prometteurs en exposant plusieurs fois au Salon des compositions d’inspiration historiques comme Néron chez les Belluaires, une veine où il excelle ; il est vrai qu’il a été à bonne école avec ses maîtres aux Beaux-Arts, Léon Cogniet et Isidore Pils. Notre toile dépeint un épisode de la vie du comédien de théâtre de foire Tabarin (1584-1626), jouant comme à son habitude sur une scène sommaire, dressée à proximité immédiate du célèbre pont parisien. Son registre comique semblerait avoir influencé l’art d’un certain Molière… Au siècle suivant, s’affirmait la haute ébénisterie française, représentée ici par un grand bureau plat d’époque Louis XV et signé par Pierre Migeon (reçu maître vers 1721), dont il porte l’estampille ainsi que celle de «JME». Le meuble (77 163 91 cm) arbore une riche marqueterie de fleurs gravées au naturel et teintées vert, sur fond de satiné dans des réserves à encadrement de bois de violette, ainsi qu’une belle ornementation de bronzes ciselés et dorés. Il était âprement disputé jusqu’à 26 814 €.

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