Enchère millionnaire pour Pierre Soulages

Le 13 mai 2021, par Philippe Dufour

En noir et bleu, la composition puissamment équilibrée et signée par le maître contemporain a tenu largement ses promesses, épaulée par d’autres pépites, de la main de Buffet, de Combas et même de Corot.

Pierre Soulages (né en 1919), Peinture 16 avril 1975, huile sur toile signée et datée, 100 81 cm (détail).
Adjugé : 1 612 000 

Elle a fait la une de la Gazette n° 16 (voir l'article Une toile inédite de Pierre Soulages de 1975), un rôle tenu haut la main en raison de sa présence vraiment exceptionnelle… Proposée dans la cité languedocienne en ce jour de commémoration, la Peinture 16 avril 1975 de Pierre Soulages a été longuement ferraillée – pas moins d’un bon quart d’heure – par neuf prétendants, bien résolus à l’emporter ; finalement, l’un d’entre eux, un Européen, la décrochait pour 1 612 000 €, soit deux fois son estimation haute. L’œuvre (100 81 cm), outre sa puissance plastique, affiche un pedigree impeccable : elle a orné, depuis son achat dans une galerie montpelliéraine au milieu des années 1970, le bureau de collectionneurs qui ne s’en étaient jamais séparés. La toile a également pour elle de dater de la période recherchée, se situant entre les années de jeunesse des «brous de noix» et «l’outrenoir» de la dernière période de Soulages. Provenant de la même collection occitane, la Maison rose au bord du canal (89 130 cm), un paysage emblématique de Bernard Buffet daté «1982» et qui, lui, avait été acheté directement à la galerie Maurice Garnier, a également doublé son estimation haute, avec 140 120 €. Plus iconoclaste, Robert Combas était aussi présent à travers une scène représentant Le Cueilleur de tournesols (son auteur s’étant peut-être représenté dans cet acrylique exalté), saisi en 1986 (92 65 cm) et adjugé 74 400 €. La peinture du XIXe siècle n’était pas oubliée, brillamment illustrée par une pièce phare : le très beau Camille Corot (voir l'article Corot, la lumière italienne de la Gazette n° 17, page 95), datant de sa période italienne – soit juin 1834 – et représentant Deux moines sur la terrasse du palais Doria à Gênes. La radieuse huile sur toile (25 36,5 cm), provenant de la vente de son atelier, à la mort de l’artiste en 1875, a inscrit 186 000 €. Plus abordable, un panorama caractéristique de Stanislas Lépine, montrant La Seine à l’Estacade (40 56 cm) et peint vers 1880-1885, partait à 50 840 €.
 

Camille Corot (1796–1875), Deux moines sur la terrasse du palais Doria à Gênes, juin 1834, huile sur toile, 25 x 36,5 cm. Adjugé : 186 000
Camille Corot (1796–1875), Deux moines sur la terrasse du palais Doria à Gênes, juin 1834, huile sur toile, 25 36,5 cm.
Adjugé : 186 000 
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