La Gazette Drouot
20 bronzes animaliers
Un homme, une passion

Vingt bronzes animaliers provenant de la collection de Jacques Grandchamp des Raux marqueront les enchères en ce lundi de Pâques. Un beau manège !

La Normandie vit décidément à l’heure hippique. Quelques mois avant le début des Jeux équestres mondiaux, organisés entre Caen, Saint-Lô ou encore Deauville, l’hôtel des ventes de Bayeux disperse une collection de bronzes digne des grands prix, celle de Jacques Grandchamp des Raux. Cet ancien cavalier professionnel reconverti dans l’élevage débuta cette nouvelle carrière à deux pas de la capitale du Bessin, aux haras du Bosq, à Molay-Littry. Vice-président de la Fédération des éleveurs de chevaux de sports et de poneys d’Aquitaine, créateur des ventes Nash, il s’est ensuite installé dans le Bordelais, où son haras des Jac, fondé à Tresses en 2003, est devenu une référence. Là sont élevés une soixantaine de chevaux, tous destinés à intégrer l’élite sportive. Une vie, une passion. Cet amour devait trouver un bel écho, dès le tout jeune âge, dans la collection d’oeuvres d’art. Jacques Grandchamp des Raux figeait ainsi pour l’éternité les images parfaites du cheval en liberté, monté par son fier cavalier ou bien travaillant. L’homme ne s’y est pas trompé, ayant réuni des bronzes de qualité, tirages uniques ou fontes d’édition originale, rassemblant les plus grands sculpteurs de la fin du XIXe et du XXe siècle. D’Antoine-Louis Barye à José Maria David, vingt bronzes représentent aujourd’hui le nec plus ultra de la spécialité. Le produit attendu flirte avec les 370 000 euros, les estimations allant de 1 500 à 80 000 euros. L’école naturaliste du XIXe siècle sera la première sur la ligne de départ, grâce à Christophe Fratin et cette Scène de haras, une pièce unique autrefois dans la collection Rothschild. Également titré Trois chevaux luttant, ce groupe décrit avec réalisme un combat des plus impressionnants entre trois étalons. Parfaitement détaillées, leurs crinières restituent tout le mouvement, de même que les muscles saillants. L’effort se lit littéralement sur leur tête. Une maîtrise que l’artiste doit en partie au peintre Théodore Géricault, chez qui il débuta sa carrière et qui l’orienta dans ses choix et thèmes artistiques, même si Fratin se tournera avec succès vers la sculpture. Ses chevaux furent ses modèles les plus prisés, à l’image du Cheval anglais pur-sang qu’il présenta au salon de 1831 ou du Cheval attaqué par un lion de 1852 qui trône au square Montrouge, à Paris. Autre incontournable de la spécialité, son contemporain Antoine-Louis Barye sera également présent, avec Le cheval turc n° 2 antérieur gauche levé, terrasse carrée fondu par Barbedienne vers 1876, dont on attend 20 000/30 000 euros. Le groupe dit L’Accolade de Pierre-Jules Mène se négociera à hauteur de 18 000/25 000 euros et le Cheval à l’entraînement, avec son lad courant à ses côtés d’Arthur Comte du Passage à 60 000/70 000 euros. Aux côtés des artistes normands, tels Arthur Le Duc et Pierre Lenordez, se distingueront des sculpteurs contemporains, comme José Maria David avec Cheval sauvage, prisé 20 000/25 000 euros, et Virgil Magherusan pour un Couple de chevaux cabrés (2 000/3 000 euros).
À vous d’établir le tiercé gagnant !

fratin

Christophe Fratin, (1801-1864), Scène de haras, bronze, fondeur Quesnel, 76 x 102 x 60 cm.

QUAND ?
Lundi 21 avril 2014

OÙ ?
Bayeux. Bayeux Enchères SVV.
Cabinet Le Fuel de l’Espée, M. de l’Espée, Mme de La Chevardière.

COMBIEN ?
Estimation : 70 000/80 000 euros

La Gazette Drouot n°15 du vendredi 18 avril 2014- Caroline Legrand


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