La Gazette Drouot
Lithographie de Provost, Exposition universelle de 1867
Paris en capitales

Près de 300 livres et documents, du XVIe au XXe siècle, quittent la bibliothèque d’un amateur.
L’occasion d’un flashback sur l’Exposition universelle de 1867

Quel est ce curieux bâtiment ovoïde, qui laissera la place, quelques années plus tard, à la Tour Eiffel ? C’est le palais Omnibus, gigantesque édifice de 490 mètres sur 380 en béton et acier, assemblé par 6 millions de rivets, oeuvre de l’ingénieur Jean-Baptiste Krantz, de l’architecte Léopold Hardy et de quelque 26 000 ouvriers. De plain-pied sur le Champ-de-Mars, afin de faciliter la circulation des visiteurs et la classification des objets exposés – chapeaux en poil de lapin, démonstration de machines à laver le linge et de métiers à tisser anglais, impression de cartes de visite en quelques minutes, locomotives géantes, etc. –, le palais occupe le centre de cet ancien terrain militaire de 46 hectares. Tout autour, le parc accueille les pavillons étrangers, auxquels s’ajoute, sur l’île de Billancourt, une vingtaine d’hectares d’expérimentation agricole, où parmi les collines surgies ex nihilo on peut admirer les différentes races d’élevage, ainsi que les premières moissonneuses-batteuses et les semeuses. L’Exposition universelle de 1867, quatrième du genre après celles de Londres, en 1851 et 1862, et celle de Paris en 1855, est annoncée par un décret impérial du 22 juin 1863. Celui-ci précise qu’il faut qu’elle soit “plus complètement universelle que les précédentes et que, à cet effet, elle comprenne, autant que possible, les oeuvres d’art, les produits industriels de toutes les contrées et en général, les manifestations de toutes les branches de l’activité humaine”... Ouverte le 1er avril, l’exposition accueillera jusqu’au 3 novembre entre 11 et 15 millions de visiteurs, 52 000 exposants, dont près de 16 000 français. L’événement fait la part belle aux nations industrielles européennes et nord-américaines, mais voit aussi apparaître de nouveaux acteurs économiques, comme l’Amérique du Sud et le Japon.
Si les pavillons du Mexique, tels des temples de Xochimilco, et ceux des pays islamiques, en bleu et or, impressionnent les visiteurs, la Russie occupe une grande partie du palais central et n’a pas hésité à monter, dans le parc, un véritable village d’isbas et de tentes en écorce transportées depuis Saint-Pétersbourg. L’orfèvrerie en or ou en argent, rehaussée de pierres précieuses, tout comme les costumes traditionnels, en velours ou bien taillés dans des peaux d’ours et de rennes, font forte impression. Mais aussi, dans un autre genre, une collection de poissons séchés... Un cottage anglais, un chalet suisse, le palais du Bardo du bey de Tunis, un autre égyptien, un bain turc, un phare, un gigantesque aquarium, dont Jules Verne s’inspirera pour Vingt mille lieues sous les mers, constituent quelques-uns des écrins éphémères. Et inaugurent à merveille le concept du pavillon, régulièrement repris par la suite. Dans le parc, des salles de repos, des fauteuils roulants, un barbier, une crèche et une centaine de restaurants permettent de goûter au mieux cette véritable leçon de géographie commerciale et industrielle. C’est à cette occasion que les Américains Charles et Norton Otis présentent un appareil qui se révélera vite indispensable : l’ascenseur. Elle n’est pas belle, la vie ?

provost

Provost, Exposition universelle de 1867, Vue générale prise des hauteurs
du Trocadéro, Paris, imprimerie Becquet, lithographie aquarellée encadrée, 55 x 81 cm.

QUAND ?
Mercredi 19 mars 2014

OÙ ?
Salle 7 - Drouot-Richelieu.
Pierre Bergé & Associés SVV. M. Forgeot

COMBIEN ?
Estimation : 400/600 euros.

La Gazette Drouot n°10 du 14 mars 2014- Claire Papon


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