La Gazette Drouot
Mythique Elvis
À PARIS / Mythique Elvis

Le rock n’ roll a beaucoup changé depuis les années 1950, depuis qu’un certain Elvis Presley le hissait à l’affiche du monde entier.

S’il était de ce monde, Elvis Aaron Presley aurait fêté ses quatre-vingts ans le 8 janvier dernier. Ce jour anniversaire a néanmoins été célébré par son épouse, Priscilla, sa fille Lisa-Marie et ses enfants, en compagnie de quelques milliers de fans. La légende du King, elle, n’est pas morte, continuant d’inspirer de jeunes chanteurs, et se porte même très bien financièrement. Une belle revanche pour le jeune blanc né à Tupelo, État du Mississippi, dans une famille modeste et très pieuse. Comme les autres enfants sudistes, mais noirs ceux-là, il fait ses débuts en chantant des gospels au temple pentecôtiste. Ce qui l’amène à s’enthousiasmer pour le blues, découvert à la radio. On attribuera toujours son succès à sa voix, si proche de celle des noirs du Sud, mais acceptable par le grand public parce qu’il est blanc. L’acte fondateur du rock date de l’enregistrement, en 1946, de That’s All Right (Mama), un blues chanté par Arthur Crudup, repris en single en 1949. Le 5 juillet 1954, Elvis se présente au studio de Sam Phillips à Memphis, un an après avoir enregistré à son compte un premier vinyle. Deux musiciens l’accompagnent, Scotty Moore à la guitare électrique, Bill Black à la contrebasse, le chanteur assurant la guitare rythmique. Le directeur de Sun Record tient ce qu’il cherchait : «Si je trouvais un Blanc ayant le son noir et la sensibilité noire, ça pourrait me rapporter un million de dollars.» La référence Sun 209 sort en 48 et 78 tours le 19 juillet 1954. Ce ne fut pas un succès immédiat. Pourtant, le disque sera désigné par le magazine Rolling Stone comme celui ayant marqué le début de la révolution du rock. En 1963, dans une émission de la BBC, les Beatles reprennent le titre ; il figure en 2001 sur l’album Good Rockin’ Tonight : The Legacy of Sun Records, de Paul McCartney, version enregistrée à New York avec les anciens musiciens de Presley, Scotty Moore à la guitare et D.J. Fontana à la batterie, qui avait rejoint Moore et Black en octobre 1954… Les tournées d’Elvis dans le Sud sont acclamées : sa voix suave, ses yeux bleus abrités de longs cils et ses déhanchements et trépidations sur scène plaisent aux adolescentes. Les parents commencent à s’inquiéter, la polémique enfle et le succès est assuré. L’année 1956 est florissante. Pensez donc, paraissent Heartbreak Hotel (le simple lui a valu son premier disque d’or), son interprétation de Blue Suede Shoes, Don’t Be Cruel, Hound Dog, Love Me Tender… Avec autant d’atouts, Hollywood ne pouvait manquer de s’intéresser à lui, au point d’accaparer sa carrière. Chaque film réclame un nouveau single et un disque de promotion. Le scénario compte peu… Jailhouse Rock paraît en 1957 et Viva Las Vegas en 1964, où sa partenaire n’est autre que son alter ego féminin, Ann-Margret, chanteuse, actrice et grande séductrice. Pour les besoins des scénarios, Elvis chante de plus en plus de romances. Pendant son service militaire et sa carrière cinématographique, la scène du rock change, avec les succès des Beatles et des Rolling Stones. Le «King» devient une référence et un mythe.

elvis

Attribué à Virgil Apger (1903-1994),
Jailhouse Rock (Le Rock du bagne),
Elvis Presley pour le film de Richard Thorpe (1957),
ektachrome d’époque, 25 x 20 cm, marges comprises (détail).

QUAND ?

Vendredi 10 avril 2015

OÙ ?
Salle 4 - Drouot-Richelieu.
Kapandji & Morhange SVV. M. Bourdy.

COMBIEN ?
Adjugé : 200 euros

elvis
Attribué à Virgil Apger (1903-1994),
Jailhouse Rock (Le Rock du bagne),
Elvis Presley pour le film de Richard Thorpe (1957),
ektachrome d’époque, 25 x 20 cm,
marges comprises (détail).

COMBIEN ?
Estimation : 500/600 euros

La Gazette Drouot n°13 du vendredi 3 avril 2015 -Anne Foster


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