«Laisser jaillir l’émotion intérieure»

Le 26 juin 2019, par Caroline Legrand

Acquise directement auprès de l’artiste par la mère de l’actuel propriétaire, cette toile peinte en 1976 par Chu Teh-chun passe pour la première fois sur le marché.

Chu Teh-chun (1920-2014), 26 avril 1979, huile sur toile, datée et titrée, 49,5 65 cm.
Estimation : 100 000/120 000 

Dans la plus pure tradition picturale chinoise, les blancs et les noirs s’opposent dans cette belle composition. Bien que l’artiste, né dans l’est de la Chine, se soit tourné vers l’abstraction après son arrivée en France en 1955  et sa découverte du travail de Nicolas de Staël lors d’une exposition l’année suivante , il a toujours eu un grand respect pour les arts traditionnels de son pays d’origine, et notamment pour la calligraphie et la peinture de paysage. C’est d’ailleurs dans ce genre qu’il débute, avec notamment la réalisation monumentale et sans aucun doute formatrice de près de cinq cents aquarelles de paysages du lac de l’Ouest, lors du voyage d’exode des universités chinoises lors de la guerre sino-japonaise de 1937 à 1939. Mais, comme de nombreux autres artistes de son époque ayant choisi la voie de l’exil, en tête desquels son maître Lin Fengmian, Chu Teh-chun décide de partir pour l’Occident afin de trouver de nouveaux moyens d’expression. C’est ainsi avec la volonté de libérer sa créativité qu’il se tourne vers l’art abstrait sans abandonner pour autant les principes de la peinture traditionnelle apprise depuis l’enfance. Avec une technique moderne d’une grande fluidité, il va révolutionner le paysage. Tel un démiurge, Chu Teh-chun donne naissance à une nature en constant mouvement. Il commentait ainsi son travail lors de son discours de réception à l’Institut, en 1999 : «J’ai conscience d’incarner ici un message particulier, celui d’un fils de Han qui cherche à rendre visibles à travers leurs perpétuelles mutations les deux principes fondamentaux et complémentaires de la philosophie du yi Jing  le yang ardent et lumineux et le yin obscur et humide». Une dualité que l’on retrouve dans notre composition à travers l’opposition du blanc et du noir d’où naissent quelques formes verte et jaune comme sorties de derrière les nuages, éveillant l’imagination du spectateur par la poésie qui s’en dégage. À l’artiste de conclure : «L’inspiration que j’ai suivie trouve son unique source dans la nature, et son mode d’expression privilégié est le lyrisme. La création procède de la pure spontanéité : elle consiste, selon la maxime taoïste, à “laisser jaillir l’émotion intérieure”».

Agenda
Angelo Caroselli est un peintre baroque italien du XVIIe siècle. Actif à Rome, sa ville natale, mais aussi à Florence et à Naples, il a produit des scènes de genre et allégoriques souvent étranges dans un style caravagesque se jouant des effets de lumière. En témoignera la Vanité présentée lors de cette vente avec une estimation de 30 000/40 000 €. L'autre vedette annoncée n'est autre que le peintre franco-chinois Chu Teh-chun, avec une toile datée du 26 avril 1979 qui pourrait atteindre 100 000/120 000 €. De nombreuses autres spécialités seront proposées, comme une Ferrari « Mondial Quattrovalvole » cabriolet de 1987 (32 000/35 000 €) et un Wrapping Bonbon Hermès orange de l'artiste française Laurence Jenkell (23 000/25 000 €). 
mercredi 03 juillet 2019 - 09:30
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