Bernard Van Orley, Bruxelles et la Renaissance

Le 08 mars 2019, par Charles-Arthur Louis

Bozar - Palais des beaux-arts, 23, rue Ravenstein, Bruxelles, +32 (2) 507 82 00, www.bozar.be Jusqu’au 26 mai 2019.

Bernard Van Orley (1488-1541), Les Chasses de Charles Quint. Le mois de mars (signe du Bélier), atelier Dermoyen, Bruxelles, vers 1531-1533, musée du Louvre (détail).
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Daniel Arnaudet

Figure phare de la scène artistique bruxelloise durant la Renaissance, quoique pratiquement inconnu aujourd’hui du grand public, Bernard Van Orley (1488-1541) méritait cet hommage qui, étrangement, ne lui avait encore jamais été rendu. En effet, après Rogier Van der Weyden au XVe siècle, Van Orley devint le peintre le plus important de la ville dans le second quart du XVIe siècle, réalisant notamment plusieurs portraits pour le compte de Marguerite d’Autriche, fille de France, gouvernante des Pays-Bas méridionaux et mécène accomplie. Sans surprise, le parcours est conçu sur le mode d’une rétrospective chronologique entremêlant les différents médiums abordés par l’artiste au cours de sa riche et longue carrière. Les tableaux et autres dessins sont en nombre, souvent prêtés par de prestigieuses institutions, et permettent d’y lire plusieurs influences, tantôt de maîtres italiens c’est à Bruxelles que les cartons de tapisseries envoyés par Raphaël furent notamment tissés , tantôt de ceux du Nord, comme Albrecht Dürer. L’on apprend ainsi qu’en 1520 Van Orley organisa pour ce dernier un grand banquet à son domicile bruxellois. La synthèse qu’en firent le maître et son atelier encore assez mal connu apparaît dès lors comme aussi personnelle que luxueuse, et ce particulièrement dans le domaine de la tapisserie. À l’image de ces deux séries monumentales commandées par Charles Quint, dont le palais du Coudenberg jouxtait au XVIe siècle l’actuel Palais des beaux-arts, l’exposition présente quelques pièces tout à fait exceptionnelles. Cerise sur le gâteau, lors de plusieurs nocturnes, un passage souterrain reliant le bâtiment imaginé par Victor Horta permettra aux visiteurs de rejoindre les ruines de cette résidence aujourd’hui disparue. De quoi souffler un peu après la découverte d’une rétrospective très complète et pédagogique, mais parfois un peu surchargée.

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