L’estampe au temps de Bruegel

Le 12 mars 2019, par Charles-Arthur Louis

Bozar - Palais des beaux-arts de Bruxelles, 23, rue Ravenstein, Bruxelles, +32 (0)2 507 82 00 www.bozar.be - Jusqu’au 23 juin 2019.

Pieter Van der Borcht (1545-1608), Autant de têtes, autant d’avis, allégorie sur la difficulté de gouverner, vers 1578, eau-forte, Anvers.
© Koninklijke Bibliotheek

Deuxième volet du programme printanier concocté autour de la production artistique dans les Pays-Bas méridionaux à l’époque de Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525/1530-1569), l’exposition part d’un postulat relativement méconnu du grand public. En effet, si le maître brabançon devint une véritable célébrité de son vivant, ce fut moins par ses tableaux, dont la contemplation était finalement réservée à une petite élite, que grâce aux gravures de ses dessins ayant circulé à foison aux quatre coins de l’Europe. Et ce grâce aux bons soins de Hieronymus Cock (vers 1518-1570), propriétaire de la maison d’édition Aux quatre vents à Anvers, la jeune et bouillante capitale internationale de l’imprimerie. Coproduite avec la Bibliothèque royale de Belgique, qui, pour l’occasion, a sorti de ses richissimes réserves quelque cent cinquante estampes eaux-fortes et gravures au burin sur cuivre, mais aussi gravures sur bois remarquables, elle montre à quel point le XVIe siècle fut synonyme de siècle d’or pour la production et la commercialisation de gravures dans les Pays-Bas méridionaux. Un business extrêmement bien rôdé, mais qui, on l’apprendra au fil de salles aux murs peints en rose pâle, ne se déploya pas pour autant uniquement dans le domaine artistique. De fait, tantôt outil de propagande politique à l’instar de cette immense Généalogie de Charles Quint créée par Robert Peril en 1535 et courant sur sept mètres de long , tantôt support de dévotion ou encore véhicule de satires bien acerbes, l’estampe fut employée à peu près à toutes les sauces durant le XVIe siècle. Quoique plutôt destinée à un public averti qui ne devrait d’ailleurs pas manquer de s’émouvoir face à certains chefs-d’œuvre du genre , l’exposition du Palais des beaux-arts dresse un panorama à la fois chronologique et thématique des plus savoureux de cet art de l’image, tel qu’il fut pratiqué à la Renaissance dans le sud des Pays-Bas.

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