Le monde à portée de main

Le 17 juin 2021, par Anne Doridou-Heim

Un papier peint panoramique, évoquant les voyages des fiers capitaines du XVIIIe siècle, suscitait l’adhésion dans tout l’éclat de son coloris.

Joseph Dufour & Cie à Mâcon, «Les sauvages de la mer du Pacifique», papier peint panoramique imprimé à la planche en couleurs et marouflé sur toile, huit pièces réunissant les vingt lés de la série, h. 230 cm, l. 30, 42, 170, 180 et 230 cm.
Adjugé : 40 040 

L’idée de grands décors muraux naît avec le XVIIIe siècle, et des artistes comme Lacroix de Marseille par exemple réalisent des tapisseries peintes sur toile. C’est avec l’avènement du XIXe qu’apparaît toutefois le papier peint panoramique en France, comptant parmi ses manufactures connues celle de Joseph Dufour & Cie. Pour l’Exposition des produits de l’Industrie française de 1806, cette société installée à Mâcon réalise, d’après les dessins de Jean-Gabriel Charvet (1750-1829), l’ensemble ayant pour intitulé exact : «Les sauvages de la mer Pacifique, tableau pour décoration en papier peint. Composé sur les découvertes faites par les capitaines Cook, de la Pérouse et autres voyageurs, formant un paysage en nuancé, exécuté sur vingt lés de papier de vingt pouces, sur quatre-vingt-dix de hauteur». Sic, net et précis ! Le résultat est une suite de scènes exotiques, de représentations idéalisées de l’homme et de la nature, misant sur le paradisiaque bien plus que sur le réalisme. Le rêve fonctionnait… Si nombre de ces papiers peints ont été produits, peu sont restés intacts et dans un bel état de conservation – l’un se trouvant au musée des Arts décoratifs de Paris –, explication raisonnable aux 40 040 € déposés pour celui-ci.

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne