Yong Xing, descendant de l’empereur Qianlong

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Bien né mais loin dans l’ordre de succession, Yong Xing, 11e descendant de l’empereur Qianlong, choisissait de s’exprimer par la poésie et la calligraphie. Avec succès.

Aisin Gioro Yong Xing (1752-1823), fin XVIIIe-début XIXe siècle, suite de quatre peintures en rouleau à l’or sur papier bleu, à décor de Subhuti dans différentes attitudes et citations du Sutra du diamant (l’une reproduite), 57 32 cm chacune.
Adjugé : 148 580 

La Gazette n° 44 (voir l'article Par Yong Xing, fils de Qianlong page 43) avait mis en avant une suite de quatre rouleaux peints et calligraphiés à l’or sur papier bleu, due à Aisin Gioro Yong Xing (1752-1823), et raconté l’histoire de sa provenance – elle fut rapportée en France en 1954 par Jean-Augustin Bussière (1872-1958), un médecin installé en Chine pendant quarante ans. Ces œuvres développant en huit épisodes la vie de Subhuti – l’un des dix principaux disciples de Bouddha – en autant d’hommages à la sagesse et à la longévité rappellent aussi la ferveur que la dynastie Qing (1644-1911) vouait au bouddhisme. Ce sont alors des Mandchous, des étrangers donc, qui prennent le pouvoir. Ils donneront à la Chine trois de ses plus grands souverains, Kangxi (1662-1722), Yongzheng (1723-1735) et Qianlong (1736-1795). Ceux-ci comprennent que pour asseoir leur légitimité, ils doivent s’appuyer sur les lettrés, mais aussi sur le bouddhisme tibétain, vénéré par les populations mongoles. Temples et sculptures fleurissent, mais la politique n’en est pas la seule cause : il est désormais admis que ces empereurs avaient pour cette tradition religieuse un intérêt personnel et sincère. Au point que le onzième fils de l’empereur Qianlong choisit de se faire calligraphe et poète pour en louer les mérites. Tout cela valait bien les 148 580 € déposés auprès de ces belles feuilles.

mercredi 16 décembre 2020 - 11:00 - Live
Lynda Trouvé
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