Préemption du Louvre : sous le regard d’Akhenaton

Le 28 février 2019, par Anne Doridou-Heim
Attribué au « peintre du symposium du Louvre », Attique, Ve siècle av. J.-C. (450-440). Cratère à colonnes en terre cuite vernissée noir à figures rouges, décoré sur une face d’une scène de centauromachie avec Kaineus, sur l’autre de trois jeunes hommes debout en conversation, h. 47,5 cm.
Adjugé : 71 500 

677 546 € de produit final pour deux jours consacrés à l’archéologie classique et une belle satisfaction avec la préemption, par le musée du Louvre et à hauteur de 71 500 €, de ce cratère à colonnes attique (voir ci-contre
et page 
51 de la Gazette no 6 du 15 février). L’établissement parisien est particulièrement actif depuis ces derniers mois pour enrichir en céramiques son département d’art grec. Déjà, le 16 mai 2018 et auprès de la même maison de ventes, il s’était porté acquéreur, pour 685 300 €, de deux amphores en terre cuite vernissée à figures noires attribuées au Groupe de Léagros (voir dossier «Préemptions» de la Gazette no 3 du 5 janvier, page 26). D’ailleurs, une amphore attribuée au même groupe d’artistes, et représentant sur une face Médée rajeunissant le bélier, retenait cette fois 52 000 €. Déception en revanche pour le rhyton en argent relevant de l’art pré-achéménide et figurant un lion. Le félin, pourtant bien séduisant en couverture de la Gazette du 18 janvier (no 2), n’a pas rugi assez fort pour retenir l’attention d’un collectionneur. L’Égypte se montrait très présente, sous le regard du pharaon Akhenaton (104 000 €, voir page de gauche), fixé de profil comme il se doit mais auquel manque la perruque, originellement incrustée et d’un autre coloris. Pas de quoi troubler le prêtre Gemef-Set-Kap (62 400 €). Ce dignitaire de la fin de la XXVe dynastie était figuré assis sur un siège cubique (h. 41,5 cm), vêtu d’un pagne finement plissé, une attitude archaïque directement inspirée des œuvres de l’Ancien Empire. Il regardait venir vers lui la statue acéphale d’un prophète thébain, représenté dans l’attitude de la marche. Sculpté dans le calcaire au début de l’époque ptolémaïque, l’homme était identifié par une inscription hiéroglyphique gravée sur son baudrier, le situant comme un prêtre henek-noun, prophète de Montou, seigneur de l’Héliopolis du Sud, et repartait récompensé de 41 600 €. À bride abattue, le pharaon Thoutmôsis IV, debout sur un char et coiffé de la perruque courte, paradait à 65 000 €, jouissant de la paix et de la stabilité de son règne. Il était gravé sur une stèle cintrée (h. 49,5 cm), un monument privé des plus rares, exécutée vers 1400-1390 av. J.-C.

 

Cette représentation (h. 4,5 cm) en verre bleu opaque d’Akhenaton, datant de la XVIIIe dynastie (vers 1353-1336 av. J.-C.), était d’une incroyable pré
Cette représentation (h. 4,5 cm) en verre bleu opaque d’Akhenaton, datant de la XVIIIe dynastie (vers 1353-1336 av. J.-C.), était d’une incroyable présence et annonçait la venue prochaine à Paris de l’événement «Toutankhamon, le trésor du Pharaon» à partir du 23 mars, à la Grande Halle de la Villette. Elle ne laissait pas indifférent et fixait 104 000 €. Ce type de figure d’incrustation, servant à orner les murs des temples, était fréquent dans l’art amarnien. Ainsi de nombreux exemples ont-ils été retrouvés lors des fouilles du site de Tell-el-Amarna, mais rarement en pâte de verre bleue.
Le règne d’Antonin le Pieux (138-161) un surnom qui ne viendrait pas de sa piété religieuse, mais plutôt de sa dévotion filiale à son père adoptif Had
Le règne d’Antonin le Pieux (138-161) un surnom qui ne viendrait pas de sa piété religieuse, mais plutôt de sa dévotion filiale à son père adoptif Hadrien est apaisé. Rome est au faîte de sa puissance et l’empereur se consacre à consolider la paix. Ce marbre (h. 43,2 cm) le représente avec un regard intense et pensif, coiffé de courtes mèches, et portant une barbe soigneusement taillée. Une véritable individualisation du portrait, qui était reconnue ici à 71 500 €.

78 000 € se reflétaient dans ce miroir circulaire d’époque hellénistique (vers le IIIe siècle av. J.-C.), supporté par un manche à rivet formé de cinq
78 000 € se reflétaient dans ce miroir circulaire d’époque hellénistique (vers le IIIe siècle av. J.-C.), supporté par un manche à rivet formé de cinq sphères superposées (h. 49 cm, diam. 29 cm). Le miroir est un accessoire de toilette présent dans toutes les civilisations antiques : il illustre ici le goût des femmes grecques pour le soin accordé à leur parure. Celui-ci est en argent ils sont souvent en bronze et le disque autrefois réfléchissant est toujours prolongé d’un support plus ou moins travaillé.
Ce type d’encensoir en argent relève, selon des études récentes, de la pure production de la culture perse. Il peut être comparé à deux autres modèles
Ce type d’encensoir en argent relève, selon des études récentes, de la pure production de la culture perse. Il peut être comparé à deux autres modèles placés aux pieds de Darius sur les reliefs sculptés du palais de Persépolis. Doté d’un pied conique orné de cannelures concentriques, supportant un couvercle en forme de coupole formée de six marches dégressives, ce spécimen haut de 31 cm et d’un poids de 511 g, fondu au VIe siècle av. J.-C., recevait 97 500 €.
jeudi 21 février 2019 - 18:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Pierre Bergé & Associés
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