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La mythologie de Giorgio De Chirico

Le 10 novembre 2021, par Caroline Legrand

Dûment référencée dans le catalogue raisonné de l’artiste par la Fondation Giorgio et Isa De Chirico, cette toile a été peinte en 1973 par le maître surréaliste italien. 

La mythologie de Giorgio De Chirico
Giorgio De Chirico (1888-1978), Madame Rondi Gariboldi, 1973, huile sur toile signée et datée, 58 50 cm.
Estimation : 80 000/120 000 Adjugé : 101 120 €

Une figure de mannequin, des instruments de mesure et des formes géométriques accompagnent la représentation de Madame Rondi Gariboldi. Autant d’éléments récurrents dans l’œuvre de Giorgio De Chirico, et qui participent à l’élaboration de son univers métaphysique. Dans Les Pas perdus, André Breton lui consacre un passage : «J’estime qu’une véritable mythologie moderne est en formation. C’est à Giorgio De Chirico qu’il appartient d’en fixer impérissablement le souvenir». On imagine ce qui le fascinait chez le peintre : l’artiste anticonformiste, mais aussi le concept de l’œuvre comme révélation de l’inconscient, qui connaît un écho tout particulier dans l’esprit du théoricien. Les symboles et références mythologiques ont un sens très personnel pour ce natif de Grèce, bercé par les légendes antiques. Il peut se créer ses propres fables et ses êtres fantastiques, engendrés à partir de son histoire intime. Ainsi de son père, ingénieur à Palerme dans le chemin de fer — disparu très tôt — il retiendra les instruments scientifiques. Son mannequin «métaphysique» est quant à lui le fruit de ses recherches formelles. Le premier a été peint à Paris, en 1914, sous l’influence de Guillaume Apollinaire et de son poème «Le musicien de Saint-Merry» : «Quand un homme sans yeux sans nez et sans oreille Quittant le Sébasto entra dans la rue Aubry-le-Boucher»… Né des mannequins réalistes des vitrines de mode parisiennes et de l’homme-machine des avant-gardes futuristes, il se présente comme un double de la figure humaine, un alter ego, une ombre, une marionnette ou une statue-fétiche. Voilà qui modernise d’une part le vieil accessoire d’atelier d’artiste, et d’autre part les différentes possibilités de représenter l’être humain, en le saisissant dans sa forme matérielle, entre le vivant et l’inanimé. Dénué de bouche, d’yeux ou d’oreilles, il est incapable de communiquer avec l’univers extérieur, ne pouvant ainsi situer son existence que dans un monde au-delà des sens. Le mannequin métaphysique restera dans la postérité comme l’image de l’homme aliéné de l’époque moderne.
 

Agenda
Provenant de plusieurs collections particulières du sud de la France, des œuvres de grands noms de la peinture des XIXe et XXe siècles occuperont cette affiche. Pierre-Auguste Renoir sera présent avec un paysage de la dernière partie de sa carrière, La Maison Blanche, illustrant la manière instinctive et colorée que le maître impressionniste pratiqua à cette époque où il était installé dans le Midi. 150 000/200 000 € seront à envisager pour son acquisition, tandis que 120 000/150 000 € seront nécessaires pour décrocher une toile du peintre abstrait Georges Mathieu, Jour immense, de 1986. Les amateurs de surréalisme porteront leur dévolu sur un portrait de Giorgio De Chirico, Madame Rondi Gariboldi (80 000/120 000 €), et ceux de paysages colorés sur La Maison rouge dans les arbres, peinte vers 1923 par Pierre Bonnard (40 000/60 000 €). Mais la plus haute estimation sera à mettre à l'actif d'un bronze d'Auguste Rodin, L'Âge d'airain, une fonte de 1930 de la seconde réduction de ce modèle qui pourrait atteindre les 350 000/400 000 €.
mercredi 17 novembre 2021 - 15:00 - Live
224, rue Paradis - 13006 Marseille
Maison R&C, Commissaires-Priseurs Associés
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