Kisling, le «prince de Montparnasse»

Le 08 avril 2021, par Sophie Reyssat

Entre tradition et modernité, Moïse Kisling livre le portrait sensible d’un garçon des années 1920.

Moïse Kisling (1891-1953), Jeune enfant au chapeau bleu, 1928, huile sur toile signée, 73 51 cm.
Estimation : 55 000/65 000 

La pose est sage, et dans ce visage aux joues empourprées par la jeunesse, aux sourcils fins et à la bouche délicatement dessinée, s’ouvrent de grands yeux noirs en amande, dont le regard mélancolique semble se perdre dans un rêve. Vous aurez reconnu la main de Moïse Kisling dans ce portrait de Jeune enfant au chapeau bleu. Sa posture, sa tête légèrement inclinée vers le bas, la forme de son visage et ses traits, sont similaires à ceux d’un garçon figuré dans une autre toile peinte à la même époque, vers 1928, et conservée au Metropolitan Museum of Art de New York, Boy in Blue. Sa silhouette contraste elle aussi avec la perspective simplifiée du mur servant d’arrière-plan, mettant le personnage en valeur par un jeu d’ombre et de lumière. Installé à Paris en 1910, alors qu’il n’a que 19 ans, le peintre d’origine polonaise, qui a débuté son apprentissage à l’Académie des beaux-arts de Cracovie auprès de Józef Pankiewicz, un ami de Pierre Auguste Renoir, est immédiatement à son aise à Montparnasse, dans le fief de l’école de Paris rassemblant les artistes venus de l’est de l’Europe. À leur contact, il adopte un style dont la modernité est tempérée par un certain classicisme, un idéal de beauté se dégageant de ses nombreux portraits, lumineux et sereins. Ils ont largement contribué au succès de Kisling, un artiste phare de la scène parisienne des années 1920 et 1930, qui a reçu des commandes tout au long de sa vie. D’autres grands noms s’afficheront dans cette vente, comme Bernard Buffet, représenté par des Tulipes jaunes sur un entablement, peintes en 1959 (81 100 cm, 80 000/120 000 €), ou encore François Pompon et son Ara, avec une fonte posthume ancienne de Valsuani (86 21,4 18 cm, 40 000/60 000 €). Trois bronzes de l’artiste formiste Auguste Zomoyski seront également en lice, entre 10 000 et 20 000 €.
 

Agenda

Devenu un habitué de la maison de ventes, l’artiste formiste Auguste Zamoyski sera représenté par trois bronzes : deux portraits et les personnages entrelacés de Tango, créés en 1922 et 1923, et fondus post mortem par Valsuani et Clementi (entre 10 000 et 20 000 €). Du haut de son piédestal, le Ara de François Pompon dominera la sculpture. Il faudra en effet prévoir quelque 50 000 € pour cette fonte posthume. La nature s’invitera également aux cimaises grâce à Bernard Buffet, avec ses Tulipes jaunes sur un entablement peintes en 1959 (autour de 100 000 €). Du Paysage d’Ile-de-France impressionniste d’Armand Guillaumin (40 000/50 000 €), au fauvisme d’Albert Marquet immortalisant la Promenade sur la jetée de Saint-Adresse en 1906-1907 (150 000/200 000 €), et jusqu'aux abstractions de Gérard Schneider et de Georges Mathieu (entre 35 000 et 60 000 €), le choix sera large.

dimanche 11 avril 2021 - 02:30 - Live
Chaville - 9, rue Carnot - 92370
Chaville Enchères
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne