Ruhlmann, Buffet et les autres

Le 10 septembre 2020, par Caroline Legrand

Un ensemble de meubles d’époque art déco – signés Ruhlmann, Dominique, Sue et Mare, Porteneuve ou Adnet – côtoiera à Lille une nature morte de Bernard Buffet et des bronzes du XXe siècle.

Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933), cabinet « spécial Ventre », 1933, en bois de placage de palissandre, à coffre rectangulaire ouvrant en façade par quatre portes et un tiroir à charnières et préhensions en bronze argenté, intérieur en chêne de Hongrie, estampillé, daté au dos, marque de l’atelier B, 143 178 43 cm.
Estimation : 18 000/22 000 

Jacques-Émile Ruhlmann a réalisé ce cabinet en 1933, l’année de sa mort. Il est issu d’un modèle destiné à André Ventre (1874-1951), architecte nommé aux Monuments historiques en 1905 et qui travailla en Saône-et-Loire, puis dans la Marne et la Meuse. On lui doit le célèbre monument de la Tranchée des baïonnettes près de Verdun, en 1920, mais aussi plusieurs gares, notamment celles de Versailles-Chantiers, en 1932, et de Bellevue à Meudon, en 1935. Choisir Ruhlmann à cette époque, c’est choisir le luxe et le goût du moment. S’il ne confectionne pas lui-même ses meubles, il conçoit l’ensemble du décor et imagine les formes et matériaux du mobilier. Celui que tout le monde appelle le «Riesener de 1925» – il reprit en 1907 la boutique familiale parisienne de peinture et miroiterie et l’orienta vers la production de meubles, qui obtinrent un grand succès à l’Exposition des arts décoratifs de 1925 – a bien sûr été fortement influencé par le style Louis XVI. On retrouve chez lui la beauté et la sobriété des placages de bois luxueux, associés à des décors d’une grande discrétion et tout en raffinement. Un style qui devait conquérir les plus grands noms, parmi lesquels le maharadjah d’Indore, le couturier Jacques Doucet, l’orfèvre Puiforcat, l’écrivaine Colette et les Rothschild… De cette sélection art déco, signalons encore un miroir de Louis Süe et André Mare en bois doré, de forme ovale et encadré de deux cornes d’abondance (4 000/6 000 €), et, accompagné de sa chaise, un bureau en bois de placage de palissandre et au plateau gainé de cuir de la maison Dominique (3 000/4 000 €). Côté peinture, l’on retrouve Bernard Buffet avec une nature morte de 1967 aux vives couleurs orange et jaunes, décrivant un Bouquet au vase chinois à l’esthétique très décorative (100 000/120 000 €), la sculpture étant dominée par un bronze à patine brun-noir de César, La Parisienne, issu d’un modèle de 1955, numéroté 2/8 et fondu par Bocquel (50 000/60 000 €).

Agenda
Pleins feux sur le XXe siècle avec des meubles, sculptures et peintures. Jacques-Émile Ruhlmann proposera moyennant 18 000/22 000 € un cabinet « spécial Ventre », en placage de palissandre et daté 1933 (voir Gazette n° 31 page 97). À ses côtés s'annoncent plusieurs autres modèles art déco dont une paire de meubles à hauteur d'appui, dans le goût de Jacques Adnet, en bois laqué brun et aux portes gainées de parchemin d'origine (5 000/7 000 €). Sur les cimaises, on admirera un Bouquet au vase chinois, fond orange, composé en 1967 par Bernard Buffet (100 000/120 000 €), et une toile de Louis Toffoli, Le Bivouac, 1964 (12 000/15 000 €). Parmi les œuvres en volume, citons en particulier un bronze de César, La Parisienne, fondu par Bocquel (50 000/60 000 €), et un Torse de jeune femme en grès chamotté marron nuancé de Marcel Gimond (15 000/20 000 €). 
samedi 19 septembre 2020 - 14:15 - Live
Lille - 14, rue des Jardins - 59000
Mercier & Cie
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