Précision germanique du début du XVIIe siècle

Le 02 juin 2021, par Claire Papon

Apparues au début du XVIIe, les pendules, appelées «horloges de table», sont déclinées tout au long du siècle par les meilleurs horlogers allemands et hollandais.

Pendule de table en bronze ou laiton, gravé, doré ou argenté, le cadran à fond amati signé «Michel Schultz Sedan», caisse indiquant les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes, dessous à trois timbres ouvrant, le coq signé Dan Treuhorm, milieu du XVIIe siècle, 10 18 cm.
Estimation : 60 000/70 000 

Ce rare garde-temps a été exécuté au milieu du XVIIe siècle par un certain Michel Schultz, à Sedan – très certainement Michael Schultze, artisan actif à Dantzig qui francisa son nom durant sa période d’activité dans les Ardennes. La richesse du décor de rinceaux fait écho à la qualité de fabrication de la caisse et surtout au perfectionnement du mécanisme, aux éléments repercés, gravés et finement ouvragés, visibles à travers les fenêtres latérales. Elle sonne non seulement les heures mais, beaucoup plus rare, les demies et les quarts. Si son estimation peut paraître élevée, sachez que l’on ne croise que très peu de pièces semblables à celle-ci. La plupart sont d’ailleurs conservées dans des collections publiques aux Pays-Bas ou de l’autre côté du Rhin. Œuvre de commande très probablement, notre horloge serait une production unique ayant pour écrin la demeure d’un riche marchand ou d’un collectionneur, ou même d’un haut personnage, à l’égal d’un Colbert, Mazarin ou Richelieu. Quelques modèles dans le même esprit que la nôtre sont conservés à la fondation Bemberg, à Toulouse, au musée de l’Ermitage (Saint-Pétersbourg), et au British Museum (Londres), dont l’exemplaire signé Michael Schultz, a été réalisé à Dantzig vers 1640 mais possède une caisse nettement moins élaborée et un mouvement moins abouti. Le compte à rebours a commencé pour notre pendule.

Agenda
C'est entre 10 000 et 15 000 € qu'est espéré le premier lot de la vente : un recueil de dessins et aquarelles, dit Album Portalis, composé de 90 dessins et aquarelles réunis dans une reliure de veau glacé, s'approchant d'un album amicorum, mais il n'y a ni dédicace ni thème spécifique. Un peu plus loin, une toile de Karel Dujardin, Berger et bergère se reposant dans un paysage italien est annoncée à 10 000/15 000 €. C'est parmi les arts asiatiques toutefois que l'on retiendra le plus son souffle, 100 000/150 000 € étant espérés d'une grande pendule à automates de la fin de l'époque Qing, sous la forme d'un bassin contenant des lotus en bouton ou s'épanouissant en même temps que la commande d'une boîte à musique. Le bassin, en émail cloisonné, est orné de dragons, rinceaux et personnages sur fond bleu. Comptez 70 000/80 000 € d'un masque de comédie (élément architectural) en marbre sculpté d'époque romaine, 13 000/15 000 € d'une grande croix de procession catalane (XVIe siècle), en argent fondu ciselé et gravé orné de figures d'applique, 20 000/25 000 € d'une coupelle godronnée en argent doré de Valladolid (?) du XVIIe. Deux terres cuites, l'une attribuée à Giuseppe Maria Mazza à sujet d'Allégorie de la sculpture, l'autre de Johann Bernhard Fischer von Erlach représentant Semiramis ,sont espérées à 35 000/40 000 € et 40 000/50 000 €. Enfin, il pourrait en coûter 60 000/70 000 € d'une horloge de table et bronze ou laiton gravé, milieu XVIIe, signée Michel Schultz.
jeudi 10 juin 2021 - 13:00 - Live
Salle 14-15 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Delon - Hoebanx
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne