Jean Cocteau en grand format

Le 22 juillet 2020, par Caroline Legrand

Cette gouache est le carton de la célèbre tapisserie Judith et Holopherne d’après Jean Cocteau.

Aubusson, atelier de Joseph Bouret, d’après Jean Cocteau (1889-1963), Judith et Holopherne, 1948-1949, gouache sur papier (trois panneaux) marouflé sur toile, 302 358 cm.
Estimation : 120 000/150 000 

Désormais célèbre, la tapisserie Judith et Holopherne de Jean Cocteau a été tissée en 1951 par le lissier Joseph Bouret à la manufacture d’Aubusson, suite à la commande de Francine Weisweiller pour sa villa Santo Sospir de Saint-Jean-Cap-Ferrat. L’ouvrage a nécessité plusieurs travaux préparatoires, dont l’œuvre originale au pastel de Cocteau, de 1948, composée de trois panneaux de bois réunis. Il montre Judith, ayant tranché le cou d’Holopherne rendu inconscient par l’ivresse, quitter le camp de l’armée ennemie en emportant la tête du général comme trophée ; elle se glisse, accompagnée de sa servante, au milieu des soldats endormis sous la lune. En 1950, ce travail fut donné par sa commanditaire à l’atelier Bouret à Aubusson, qui fit réaliser une maquette à la gouache en miroir par le peintre aubussonnais M. Rougier afin de pouvoir réaliser le tissage de la tapisserie monumentale en haute lisse. C’est cette maquette, supervisée et approuvée par Cocteau lui-même, qui est présentée à la vente. Exposée au musée Menton en 2016, cette œuvre demeure un rare témoignage, mais aussi un jalon, du passage à la peinture de Jean Cocteau. Le poète, dramaturge et cinéaste ne s’est adonné que sur le tard à la peinture. C’est sous l’impulsion de son ami Pablo Picasso qu’il se met à dessiner, dans les années 1920, puis à peindre vers 1950. Il s’est longtemps tenu éloigné des œuvres de grand format à cause du souvenir de son père, peintre qui s’était suicidé lorsqu’il était enfant. Cette réserve peut s’expliquer aussi par sa très grande admiration pour ses amis célèbres, qui l’empêcha sans doute de se lancer lui-même dans cette bataille. Il ne consacrera finalement que les dix dernières années de sa vie à la peinture. Ses sujets de prédilection sont la mythologie et la Bible, à l’image de cette héroïque Judith tuant le général assyrien Holopherne afin de sauver le peuple juif de Béthulie.

Agenda
Arts ancien et moderne composeront ce riche sommaire cannois, mené par une épreuve de la Petite danseuse de quatorze ans d'Edgar Degas, issue d'une fonte posthume – aucune n'ayant été réalisée du vivant de l'artiste – de Valsuani, haute de 97,2 cm et passée par la collection du prince Leonardo Argoutinsky Benatov, qui pourrait atteindre les 200 000/300 000 €. Parmi les œuvres anciennes, nous mettrons en avant aussi bien une Diane acéphale en marbre blanc au fin drapé, du IIe-IIIe siècle apr. J.-C. (50 000/60 000 €), qu'une toile de plus de trois mètres de hauteur du Vénitien Jacopo Negretti, dit Palma il Giovane (1544-1628), dépeignant La Naissance de la Vierge et estimée 180 000/220 000 €. On avancera au XIXe siècle avec un rare ensemble de décor de table en argent des orfèvres Georges Boin et son gendre Émile Taburet, à décor de filets, agrafes et guirlandes de fleurs inspiré du XVIIIe (80 000/100 000 €). Parmi les créations du XXe siècle se distingueront une toile abstraite signée Shane Guffog, Hommage à Klein, de 2010 (même estimation), et une maquette à la gouache annonciatrice de la tapisserie de Judith et Holopherne réalisée d'après une œuvre originale de Jean Cocteau en 1951 (120 000/150 000 €). 
dimanche 02 août 2020 - 14:30 - Live
Mandelieu-la-Napoule - Riviera Golf - Domaine de Barbossi - 802, avenue des Amazones - 06210
Vermot et Associés
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