Un Brésilien en France

Le , par Caroline Legrand

Très rare sur le marché français, Alberto da Veiga Guignard sera présent lors de cette vente rouennaise avec un portrait peint en 1928 à Menton, à la veille de son retour définitif dans son pays d’origine.

Alberto da Veiga Guignard (1896-1962), Portrait de jeune femme, huile sur toile, 1928, 71 50,5 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

Habitant à cette époque à Grasse, au mas de la Tour Saint-Jacques, l’artiste créa cette œuvre dans la ville voisine de Nice. Une photographie inédite transmise par M. Bortoloti, qui prépare une thèse de doctorat sur Guignard à l’université de Rio de Janeiro  montre celui-ci dans un jardin, assis derrière son chevalet, sur lequel est posé notre tableau encadré. À sa gauche, une jeune femme est assise, légèrement de profil, un tissu tendu derrière elle entre deux arbres, et une couverture recouvrant le bas de son corps. Cette photo sera montrée par l’étude aux personnes intéressées. Très travaillé, avec une épaisse couche picturale jouant des variations de couleurs vives et des formes cernées de noir, ce portrait illustre l’influence des expressionnistes allemands et des fauves français sur le travail de Guignard, à l’époque, mais démontre aussi son caractère spécifique, la volonté permanente du peintre de trouver une harmonie, une douceur séduisante. Né à Nova Friburgo, dans l’État de Rio de Janeiro, il arrive à 11 ans en Europe, en 1907, avec sa mère  Leonor Augusta da Silva Veiga Guignard  et son nouveau mari  le baron allemand Ludwig von Schilgen. Résidant tout d’abord en Suisse, à Vevey, puis en France, à Momères et Nice, il part pour l’Allemagne en 1915. Il y effectue la plus grande partie de sa scolarité, étudiant notamment aux beaux-arts de Munich jusqu’en 1922. Voyages et peintures se succèdent les années suivantes : Florence, de 1925 à 1928, puis le sud de la France avant de un retour définitif au Brésil en 1929. À partir de cette date, son style évolue. Guignard peint alors des paysages de l’État de Minas Gerais, dans un style plus libre et plus naïf, mettant en lumière des scènes oniriques. Des œuvres qui feront de lui l’artiste brésilien le plus cher du monde.

Agenda
Bien qu'il ait fréquenté des années l'école de Pont-Aven, Henry Moret a conservé un style plus proche de l'impressionnisme, avec une technique faite de touches hachurées et des sujets inspirés par les paysage en plein air. 40 000/60 000 € sont à prévoir pour une toile de l'artiste, Les Pins, baie de Douarnenez. À ses côtés aux cimaises, une rare toile du Brésilien Alberto da Veiga Guignard, Portrait de jeune femme, dont on attend 30 000/40 000 €, et un Vase de fleurs peint en 1959 par Bernard Buffet, annoncé à 40 000/50 000 €. Des artistes normands compléteront la sélection, à l'image de Pierre Dumont, présent avec Le Pont Corneille à Rouen (8 000/10 000 €), et de Robert Antoine Pinchon, brossant le Pont de Triel sur Seine (même estimation). De nombreux bijoux occupent également ce sommaire, dont une bague à monture en or gris sertie en solitaire d'un diamand rond de 3,02 ct, de couleur D et pureté VVS2 sans fluorescence, cotée 50 000/60 000 €. 
dimanche 23 juin 2019 - 14:30
Rouen - 20, rue Croix-de-Fer - 76000
Guéry Maison de Ventes
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