Jan Bruegel le Jeune et l’atelier de Pierre Paul Rubens

Le 09 juillet 2020, par Caroline Legrand

Fruit de la collaboration entre Jan Bruegel le Jeune et l’atelier de Pierre Paul Rubens, ce panneau religieux peint à la fin des années 1630 affiche de belles dimensions. 

Jan Bruegel le Jeune (1601-1678) et atelier de Pierre Paul Rubens, Le Christ jardinier : Noli me tangere, panneau parqueté, 61,5 100,7 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Les collaborations étaient courantes au XVIIe siècle aux Pays-Bas. Avec l’émergence de nouveaux genres indépendants dans la peinture flamande, chacun avait sa spécialité et ses motifs favoris, la nature morte pour l’un, le paysage ou les figures pour l’autre. On sollicitait ainsi à bon escient un collègue voire un élève, sans craindre jalousie ou compétition mal venue. Ainsi Hendrick van Balen, spécialisé dans les scènes religieuses, collabora avec ses prestigieux élèves, le portraitiste Antoine Van Dyck et le peintre animalier Frans Snyders. Pierre Paul Rubens était également un grand habitué de cette pratique, étant à la tête d’un important atelier devant faire face à de nombreuses commandes. Il travailla notamment avec Jan Bruegel l’Ancien (fils du patriarche de cette célèbre dynastie, Pieter Bruegel l’Ancien) puis après sa mort avec son fils, Jan le Jeune. Une réplique de ce panneau avec quelques variantes, peinte par Jan Bruegel le Jeune et un artiste de l’atelier de Rubens, se trouve au musée de la Légion d’honneur à San Francisco, mais c’est à la version conservée à la Kunsthalle de Brême, dans laquelle Rubens a peint les figures et Jan Brueghel le Jeune le paysage, les fruits et fleurs, que le tableau prochainement en vente à Bayeux se rapproche le plus… Le petit-fils de Pieter Bruegel l’Ancien s’intéresse dans cette composition à une scène religieuse bien connue, celle du Noli me tangere – « ne me touche pas » –, phrase que Jésus adresse à Marie-Madeleine juste après sa résurrection, indiquant par ces mots que désormais leurs liens ne sont plus physiques mais spirituels, grâce à la foi que la jeune femme a en lui. Sur le tableau, on le voit ainsi apparaissant en jardinier à Marie-Madeleine le matin de Pâques, en arrière-plan à droite, la ville de Jérusalem, et à gauche, les saintes femmes constatant que le tombeau du christ est vide. Chaque scène fourmille de détails, sans compter la superbe nature morte de fleurs, artichauts et asperges du premier plan, le tout dans un somptueux paysage aux dégradés de marron, de vert et de bleu comme seuls les plus grands maîtres flamands savent le faire.

mardi 14 juillet 2020 - 14:30 - Live
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