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Rossetti, entre idéal et réalité

Le 22 mai 2019, par Caroline Legrand

Datée 1860, cette Esclave nubienne d’Antonio Rossetti est à l’image d’une époque et d’un artiste au confluent de plusieurs styles et de différents goûts, entre néoclassicisme et orientalisme.

Rossetti, entre idéal  et réalité
Antonio Rossetti (1819-1870), La Jeune Esclave ou l’Esclave nubienne, 1860, sculpture en marbre blanc, reposant sur un piédestal en marbre orné de quatre scènes en bas relief, signée, h. 187 cm avec piédestal.
Estimation : 25 000/30 000 


Cette sculpture en marbre blanc aurait parfaitement eu sa place dans l’exposition «Le modèle noir», actuellement au musée d’Orsay (jusqu’au 21 juillet). Bien que le marbre immaculé ou les traits du visage puissent en faire douter, ce sujet est une «esclave nubienne». Une vision idéalisée d’une femme, forcément belle, mais réduite à la servitude. Cette interprétation romantique est révélatrice d’un goût et d’une période où les Occidentaux commencent à se tourner vers l’autre, l’étranger, mais sont encore dotés de nombreux préjugés. Milanais d’origine, Antonio Rossetti a travaillé à Rome sous l’influence de l’art néoclassique de Canova. Mais, comme tous les artistes du milieu du XIXe siècle, il subit également d’autres influences, dont celle de l’orientalisme. S’il a très peu quitté son atelier romain, il est curieux des nouveaux courants picturaux ainsi que des événements importants, comme la guerre d’indépendance menée par les Grecs contre les Ottomans  qui marquera les contemporains par la bravoure de ces hommes cherchant leur liberté  ou encore les nombreux débats sur la question de l’esclavage, qui aboutiront à son abolition en France, en 1848, ou au Caire, en 1855, à la suppression du marché aux esclaves. Naît alors une série d’œuvres sur ce thème, portée par le sculpteur américain Hiram Powers et sa Greek Slave, de 1844, suivie par plusieurs artistes italiens, dont Giovanni Antonio Lanzirotti et Scipione Tadolini, en 1858 et 1862. C’est dans cette veine que s’inscrit La Jeune Esclave. Bien que représentant une femme nubienne, Rossetti s’inspire des canons hellénistiques de l’art classique, mais aussi des œuvres de ses prédécesseurs. Il donne à cette figure dénudée, parée d’un simple collier, aux cheveux tombant dans le dos, un regard résigné mais un corps ostensiblement sensuel. Néanmoins, l’artiste accompagne cette statue d’un piédestal aux bas-reliefs à caractère plus politique : quatre scènes montrant la terrible réalité de la vie des esclaves, de leur capture à leur arrivée au marché, en passant par le trajet à bord du bateau négrier sur le Nil.

Agenda

Les amateurs de mobilier en bois naturel seront particulièrement bien servis le lundi avec la présence d'une petite console d'époque Régence en noyer, à trois côtés fortement mouvementés et ceinture découpée, sculptée de coquilles et de rinceaux et portant une estampille « Hache à Grenoble », provenant du château de Tencin (4 000/6 000 €). Elle côtoiera une grande table à gibier XVIIIe, en chêne mouluré et à façade mouvementée, sculptée quant à elle d'une coquille dans un écu sur fond de treillis à agrafes feuillagées (8 000/12 000 €). Parmi les meubles de placage, on remarquera une commode Louis XV fortement galbée, à décor central d'un écu mouvementé sur fond marqueté de fleurs et portant l'estampille de Carel (15 000/20 000 €). Outre des bronzes et de l'horlogerie, nous mettrons ensuite en avant La Jeune Esclave dite l'Esclave nubienne d'Antonio Rossetti, une sculpture en marbre blanc de 1860 (25 000/30 000 €). La peinture ancienne s'imposera le mardi avec Les Patineurs d'un maître flamand du XVIe-XVIIe, Denÿs van Alsloot (20 000/30 000 €), mais aussi La Toilette d'Esther, d'un artiste lombard de l'entourage de Carlo Francesco Nuvolone (10 000/15 000 €). La peinture moderne sera illustrée par une belle vue colorée du Vieux-Port, Marseille de Lucien Adrion (5 000/8 000 €), et les bijoux par des créations de la maison Cartier, dont un bracelet « Panthère » en or jaune composé de deux rangs de chaîne à maille colonne, retenant une barrette sertie de trois diamants de taille brillant, le fermoir figurant une tête du fauve partiellement émaillée noir, la truffe en onyx et les yeux sertis de grenats tsavorites (8 000/10 000 €). 

orfèvrerie, meubles anciens et de style, tableaux anciens et modernes, objets d'art et d'ameublement, tapis
lundi 27 mai 2019 - 14:30 (CEST) - Live
Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme - 69006 Lyon
De Baecque et Associés
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