L’humanité des géants d'Ousmane Sow

Le 28 septembre 2021, par Claire Papon

Elles sont incontestablement les vedettes de cette vente classique : quatre sculptures en bronze d’Ousmane Sow.

Ousmane Sow, Guerrier masaï debout, épreuve originale en bronze patiné, 3/8, 248 x 77 x 137 cm, poids 550 kg env.
Estimation : 15 000/20 000 €
© Béatrice Soulé

Vendues à titre judiciaire et sur désignation, quatre épreuves originales acquises auprès d’Ousmane Sow il y a quelques années sont restées à la fonderie Coubertin, dans la vallée de Chevreuse. C’est là que les acquéreurs devront aller prendre possession de ces œuvres monumentales éditées du vivant et sous le contrôle du sculpteur, et figurant au catalogue raisonné rédigé par Béatrice Soulé, documentariste et ancienne compagne de l’artiste. Estimées – modestement – 15 000/20 000 € chacune, elles sont à l’abri en attendant leur prochain propriétaire (même si l’artiste aimait voir l’action du temps et de la nature sur ses œuvres). Difficile de dire à quoi songe ce Guerrier masaï debout (voir page 46) dont la taille imposante et le visage calme et impassible rappellent ceux du sculpteur. Inspirée par le souvenir de son père, Moctar Sow, «l’homme qu’il respectait le plus au monde», une épreuve en bronze polychrome de Nelson Mandela représenté en footballeur gardien de but de l’Afrique arborant un maillot CAAP («Club africain des anti-pourris») fait partie d’une série inachevée intitulée «Merci», comprenant Victor Hugo, Charles de Gaulle, l’Homme et l’Enfant et Toussaint Louverture. De grands hommes qui ont aidé Ousmane Sow «à ne jamais désespérer du genre humain». Une Scène de tressage composée de deux personnages et La Mère et l’Enfant, issue de la série «Masaï», frappent elles aussi par leur monumentalité, le hiératisme des corps et la sérénité des visages. On se souvient, en 1999, sur le pont des Arts, de la force et de la majesté des œuvres de cet ancien kinésithérapeute, devenu sculpteur à 50 ans. Un acte fort pour la reconnaissance de son travail, auquel la forteresse de Mont-Dauphin, dans les Hautes-Alpes, rend hommage en exposant derrière les fortifications de Vauban, depuis le 6 juillet et pour une durée de dix ans, les 35 statues surdimensionnées de Little Bighorn, retraçant la bataille du même nom en 1876 dans le Montana, dernière grande victoire amérindienne contre l’armée des États-Unis.
 

Ousmane Sow (1935-2016), La Mère et l’Enfant (série «Masaï»), épreuve originale en bronze patiné, 2/8, 140 x 89 x 82 cm, poids 330 kg env.
Ousmane Sow (1935-2016), La Mère et l’Enfant (série «Masaï»), épreuve originale en bronze patiné, 2/8, 140 89 82 cm, poids 330 kg env.
Estimation : 15 000/20 000 €
© Béatrice Soulé
Panorama (avant-vente)

Promenade en barque

Le 28 septembre 2021, par Claire Papon

Estimée 30 000/50 000 € (adjugée : 38 400 €), cette toile de Joachim Issarti (1814-1862), grand prix de Rome en 1836, met en scène Le Retour en barque du château de Saint-Cloud au château de Neuilly, du roi Louis-Philippe entouré de sa famille figurés au clair de lune sur la Seine, pendant l’été 1840 (111 162,4 cm). Elle est inédite et fut présentée au Salon des artistes français au Louvre en 1844. Imposante par ses dimensions, elle sera scrutée par les amateurs d’histoire et les musées, vendredi 8, salle 6 à Drouot chez Art Richelieu Castor – Hara (M. Dufestel, expert). Elle est la seule connue à ce jour qui représente le roi et seize membres de sa famille dans l’intimité d’une de ses activités favorites.

Agenda
Plus peut-être qu'une paire de toiles de l'entourage de Jean-Baptiste Monnoyer à sujet de Bustes antiques surmontés de perroquets et ornés de fleurs et de fruits (4 000/6 000 €) et une autre de Natures mortes de fleurs et de fruits sur un entablement de pierre attribuée à Pieter Casteels III (6 000/8 000 €), on suivra une œuvre inédite de Joachim Issarti conservée dans la descendance de la famille d'Orléans. Présentée au Salon des artistes français en 1844, elle figure Le Retour en barque du château de Saint-Cloud au château de Neuilly du roi Louis-Philippe entouré de sa famille figurés au clair de lune sur la Seine pendant l'été 1840. Elle est estimée 30 000/50 000 €. L'autre moment fort de l'après-midi, classique, revient à quatre bronzes d'Ousmane Sow (cédés à titre judiciaire sur désignation), chacun estimé 15 000/20 000 €.
vendredi 08 octobre 2021 - 13:30 - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Art Richelieu - Castor Hara
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne