Un rendez-vous avec l’histoire

Le 17 juin 2021, par Sophie Reyssat

De Notre-Dame peinte par Raguenet à la commode attribuée à Carlin, le XVIIIe siècle se dévoile.

Nicolas Jean Baptiste Raguenet (1715-1793), Paris, le pont de la Tournelle et le chevet de Notre-Dame, toile marouflée sur carton, 1757, 32 60 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Le premier lot de cette dispersion sur deux jours donne le ton : les œuvres de l’Ancien Régime défileront sous le regard de Louis de France, comte de Provence, peint vers 1820 par un suiveur de Joseph Sifred Duplessis (73,5 60 cm). Attribuée à Martin Carlin, une commode d’époque Louis XVI sera l’un des meilleurs représentants de l’art de vivre au siècle des Lumières. Sa marqueterie géométrique, ornant ses tiroirs centraux flanqués de vantaux sous trois tiroirs en ceinture, et se poursuivant sur ses côtés, l’habille avec élégance (70 000/100 000 €). L’histoire continuera à s’écrire avec un encrier en porphyre et bronze doré, orné d’une fontaine accueillant trois oiseaux s’abreuvant. Ce travail romain, de 1820, pourrait être de l’architecte néoclassique Giuseppe Valadier (15 000/20 000 €). L’urbanisme parisien se dévoile avec sa vue la plus célèbre, le chevet de Notre-Dame immortalisé par Nicolas Jean Baptiste Raguenet en 1757. En amont de l’île Saint-Louis, l’île Louviers, située au large de l’Arsenal et rattachée à la rive droite au milieu du XIXe siècle, servait de lieu de stockage aux marchands de bois et a sans doute été choisie comme point de vue par le peintre. Constituant le plus important édifice de l’île Saint-Louis avec l’hôtel Lambert, le fastueux hôtel de Bretonvillier et ses beaux jardins, construit pour ce secrétaire du conseil de Louis XIII en 1637-1642 sur les plans de Jean Androuet du Cerceau – et détruit en 1874 –, occupe alors toute la pointe sud de l’île Saint-Louis. Plus loin, le pont de la Tournelle enjambe la Seine depuis 1656 jusqu’au château de la rive gauche portant le même nom. À la fin du XIIe siècle, Paris s’arrêtait là, avec l’enceinte de Philippe Auguste. Une porte y fut percée au XVe siècle, transformée en arc de triomphe en 1674, en hommage à Louis XIV qui avait supprimé les taxes sur les marchandises livrées ici, au port Saint-Bernard. Elle subsista jusqu’en 1787.

Agenda

Deux jours composeront un intérieur classique. Le samedi 19 invitera à prendre place dans l’un des quatre fauteuils peints d’époque Louis XVI, garnis de dossiers plats à décrochement en écu à écoinçons ajourés, dont les montants à colonnes détachées sont surmontés de chapiteaux ioniques (30 000/40 000 €). De quoi admirer à loisir une vue sur le chevet de Notre-Dame peinte par Nicolas Jean Baptiste Raguenet, en 1757, pendant que les heures défileront sur le cadran d’une pendule, entouré par Télémaque et Minerve en bronze doré (autour de 25 000 € chacun). Une paire de vases cassolettes « allemands » de Sèvres, ornés de couples galants peints par Charles Éloi Asselin, remontera le temps jusque vers 1768-1770. Leur forme, rare, est attribuée au modeleur Michel-Dorothé Coudray or Ducoudray (25 000/30 000 €). Donnée à Martin Carlin, une commode Louis XVI à marqueterie géométrique sera également mise en avant (70 000/100 000 €), tandis que le dimanche 20 apportera sa touche d’exotisme avec un contador fabriqué dans les Indes portugaises à la fin du XVIIIe siècle, en teck marqueté d’ébène et d’os, et reposant sur des montants anthropomorphes (18 000/25 000 €).

samedi 19 juin 2021 - 14:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne