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Le 05 mai 2020, par Caroline Legrand

La Fondation Taylor, le magazine Artension, l’association Assemblage, le Centre Olivier Debré de Tours et la maison de ventes Rouillac, entre autres, se sont associés afin d’organiser cette dispersion dont le bénéfice sera intégralement reversé aux artistes dans le besoin en cette période de confinement.

Fabian Cerredo (1957-2005), Eros et Psyché, 2003, technique mixte, 50 x 30 cm.
Mise à prix : 1 000 €

Le mercredi 6 mai à 15 h s’achèvera cette vente online débutée le 30 avril. Les enchères de quelque cinq cents œuvres d’art moderne et contemporain prendront ainsi fin. Les 144 premiers lots sont offerts par des artistes connus. Parmi ces généreux donateurs, relevons le chef de file de la figuration libre, Robert Combas, qui a donné son acrylique sur toile de 2019 titré Perdu dans la forêt plein de trucs et de fleurs plein de couleurs, dont l’estimation monte à 15 000 €, mais aussi la photographe Sarah Moon avec un tirage argentique, numéroté 1/20, de Jacques à la campagne - le coup de cœur de Françoise Monnin, la rédactrice en chef d’Artension (6 000 €). Et l’on n’oubliera pas l’artiste argentin Fabian Cerredo, décédé à 47 ans à Auvers-sur-Oise il y a quinze ans, grâce à cette technique mixte emblématique de son travail sur la matière et l’expressivité ; acquise lors de l’exposition consacrée à l’artiste par la galerie Koralewski à Paris, en 2003, elle a été confiée par l’historienne d’art Laurence d’Ist. Les galeristes ont également fait preuve de générosité, à l’image d’Hervé Courtaigne qui a cédé cinq dessins d’André Derain, figurant des nus féminins et des portraits, annoncés entre 600 et 1 500 € chaque.
La seconde partie de la vente comporte plus de trois cent cinquante œuvres d’artistes contemporains, pour lesquels la fermeture des galeries entraîne une catastrophe financière. On se disputera par exemple, à partir de 540 €, un portrait du saxophoniste mort du covid-19 Manu Dibango, peint par l’artiste béninois Paterne Dokou. Comptez 1 000 € pour une photographie sur Plexiglas superposée sur lacérations urbaines de Florent Touchot, La Concorde - un travail inspiré des affichistes du nouveau réalisme -, 2 500 € pour la toile abstraite de Cyrille Borgnet Dupont, Un songe d’une nuit d’été de 2018, et jusqu’à 4 500 € une verrerie Espace d’un instant XVII à inclusion de porcelaine, due à l’artiste de la galerie Capazza Antoine Leperlier. L’occasion de confirmer la cote et de soutenir des talents pleins de promesses.

Agenda
Réalisée sans frais et uniquement sur Internet jusqu'au mercredi 6 mai à 15 h, cette vente est née de la volonté de la Fondation Taylor – créée à l'initiative du baron Taylor au XIXe siècle afin de défendre les artistes –, de la maison Rouillac, mais aussi de Puls'Art, qui organise depuis une trentaine d'années un salon d'art au Mans. Elle a pour but de soutenir financièrement les artistes dans cette période de confinement. Les 144 premiers lots émanent de noms connus ou de galeries offrant l'une de leurs œuvres. C'est le cas de Jacques Villeglé, qui propose une impression digitale sur papier éditée à 30 exemplaires, L'Encryptage (mise à prix à 300 €), et d'Ernest Pignon-Ernest, qui présente une estampe pigmentaire, Rideau de scène de l'Opéra de Monte-Carlo, réalisée en collaboration avec JR et mise à prix à 1 000 €. Les 355 œuvres suivantes sont vendues par des artistes en difficulté du fait de la fermeture des galeries, et ce à leur propre profit. Les estimations débuteront autour d'une centaine d'euros et iront jusqu'à 10 000 € pour une huile et médium acrylique sur toile signée Wang Yu, Le Radeau de la lune. À retenir encore une sculpture en verre soufflé réalisée en 2001 par Marisa et Alain Bégou, estimée 7 500 €, mais aussi un acrylique sur papier imprimé de Catherine Ursin, Masque 7, à 450 €. 
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