Charles X : un peu, beaucoup, passionnément

Le 27 février 2020, par Claire Papon

Il a été pendant trente ans l’un des rares galeristes spécialisés dans le mobilier d’époque Restauration : Jean-François Taziaux cède un ensemble de meubles choisis par ses soins.

Méridienne à dossier renversé en érable moucheté incrusté de rinceaux fleuris et rosaces en palissandre, pieds toupies, époque Charles X, 95 197 66,5 cm.
Estimation : 500/800 

Si certains sont enthousiastes, lui est un passionné. Ébéniste de formation, Liégeois et fier de l’être, ce fils de médecin se lance dans la restauration avant d’ouvrir une première galerie, «à l’ancienne». Il a 23 ans. En 1994, avec Vincent de Lange, il rachète le couvent des Ursulines, au pied de la montagne de Bueren, dans le cœur historique de Liège, et après d’importants travaux, redonne vie à ce bâtiment qui abrita, du début XVIIe à la Révolution, une communauté de religieuses avant de devenir une gendarmerie. Il ouvre une galerie à l’enseigne du «Couvent des Ursulines» bien sûr, dans laquelle il présente meubles en bois clair et bois foncé Charles X – l’époque pour laquelle il se passionne et dont il est l’un des rares antiquaires spécialisés en Europe. «C’est une drogue, une addiction», reconnaît Jean-François Taziaux, 56 ans, né comme le monarque un 9 octobre. Pendant vingt ans, il achète, «au coup de cœur», des meubles et des sièges qu’il apprécie pour la beauté de leurs formes autant que pour la qualité de leur fabrication, exécutés à une époque où la production industrielle pointe le bout de son nez. Il traque la pièce rare en Belgique, en France, aux États-Unis, en ventes publiques et auprès des particuliers. Autant d’objets qu’il sait pouvoir proposer à ses clients européens, américains et brésiliens. Présent à la Biennale de Paris en 2012, il n’a manqué aucune Brafa jusqu’en 2017. Mais les goûts des amateurs ont évolué, le mobilier de cette époque est passé de mode. Du moins pour le moment, espère-t-il. Au printemps 2018, il prend la décision de cesser son activité et reçoit ses derniers clients. Aujourd’hui, si sa passion pour cette époque est intacte, il a tourné la page et repris la direction de son atelier de restauration. Et choisi de vendre sous le marteau les secrétaires, fauteuils gondole et canapés, commodes, écrans de feu, consoles, tables, travailleuses, vitrines et guéridons faisant encore partie de son stock. Comptez quelques centaines à 2 000 € pour les acquérir. Voire plus si affinités…
 

Table travailleuse en placage d’érable moucheté incrusté de filets de palissandre, partie supérieure en forme de coffret amovible découvra
Table travailleuse en placage d’érable moucheté incrusté de filets de palissandre, partie supérieure en forme de coffret amovible découvrant un plateau à cuvette marqueté de cubes, intérieur à miroir, pieds galbés réunis par une entretoise surmontée d’un petit coffret, époque Charles X, 94 53 42 cm.
Estimation : 1 500/1 800 
Panorama (avant-vente)

De la succession Bonnard

Le 27 février 2020, par Claire Papon

Cette Étude pour nature morte au pichet rouge (12 18,5 cm), exécutée vers 1943 au crayon et à l’estompe et estimée 2 000/2 500 €, fait partie de la dizaine de dessins de Pierre Bonnard (1867-1947) prenant le chemin des enchères mercredi 4, salle 5 à Drouot, sous le marteau de Beaussant Lefèvre (Mme Sevestre-Barbé, M. de Louvencourt). Cet ensemble a appartenu à Antoine Terrasse (1928-2013), critique et historien d’art, spécialiste du postimpressionnisme et du mouvement nabi, petit-neveu du peintre qui a grandi dans son univers feutré. «C’est une étude très précise pour le tableau Nature morte au pichet rouge, peint vers 1933, retravaillé plus tard par l’artiste», indique-t-il au sujet de notre feuille.

Agenda
En cimaises, comptez 1 200/1 800 € d'une huile sur carton d'Étienne Dinet, datée 1903, figurant Le Pavillon de Flore en bord de Seine face aux bouquinistes, 1 500 à 3 000 € pour les dessins de Pierre Bonnard (paysages, études de personnages et de natures mortes) provenant de la succession du peintre, 100 à 600/800 € pour ceux de Georges Frédéric Rötig (1873-1961) et de Pierre Olivier Dubaut (1886-1968) sur le thème de la chasse et des chevaux. De la plus noble conquête de l'homme il est encore question, comme souvent dans cette maison de ventes, avec un ensemble de bronzes et de trophées hippiques (est. 50 à 500 €). De bons bibelots XIXe pour la plupart précèdent les meubles et les sièges, d'époque Restauration, en bois marqueté, clair et foncé. À cet ensemble issu de chez l'antiquaire liégeois Jean-François Taziaux s'en ajoutent quelques-uns dont un guéridon formant table à jeu de brelan, en placage d'érable marqueté de palmettes, fleurs et volutes. Signée Alphonse Giroux, l'un des grands noms des époques Consulat au second Empire, notre table est ornée des écussons losangiques aux armes de la duchesse de Berry, l'unes des prestigieuses clientes, jusqu'à son exil en 1830, de cette maison parisienne de meubles, objets de curiosité et tabletterie où se fournissaient également Louis XVIII et son frère Charles X (5 000/8 000 €).
mercredi 04 mars 2020 - 13:30 - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre & Associés
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