Avec les Laverne, le design joue la transparence

Le 05 mai 2021, par Sophie Reyssat

Avec Erwine et Estelle Laverne, le Plexiglas fait son entrée dans le mobilier dès 1959.

Erwine et Estelle Laverne, suite de cinq «Champagne chairs» en Plexiglas et fonte d’aluminium, édité par Formes nouvelles, années 1970, 81 58 46 cm.
Estimation : 8 500/12 000 

Tout en transparences de Plexiglas et en reflets métalliques, l’ameublement des années 1960 et 1970 sera représenté par quelques raretés dans cette vente de design, à l’image de ces «Champagne chairs » imaginées par Erwine et Estelle Laverne. Ce couple de créateurs américains s’est d’abord fait connaître avec des tissus et des papiers peints imitant le bois et le marbre – la gamme «marbalia» – avant d’adopter un matériau qui fait son entrée dans le domaine de l’ameublement à l’orée des années 1960 : le Plexiglas. Passé dans le langage courant, ce nom désigne en réalité une marque déposée pour le polyméthacrylate de méthyle, PMMA pour les intimes. Chimiquement synthétisé dès 1902, breveté en 1924 et commercialisé à partir de 1934, ce polymère thermoplastique transparent a d’abord eu des applications militaires et médicales avant d’être détourné au profit du confort moderne. Les propriétés de cette résine acrylique – plus résistante, transparente et légère que le verre, mais également thermoformable – correspond à l’émergence d’un nouveau mode de vie. Faciles à produire, à transporter, à entretenir, les meubles de Plexiglas agrémentent des espaces intérieurs sans les envahir. Avec les formes douces de leur série de meubles «Invisible Group», dont ces chaises font partie, les Laverne s’inscrivent dans cette dynamique novatrice.

Agenda

Plus de 170 lots passeront le design en revue. Une suspension à contrepoids en laiton doré des années 1960, « Onos 40 », conçue par Florian Schulz, n’a rien perdu de sa modernité (1 200/1 500 €). Selon le même principe, une applique de Robert Mathieu, produite par 242P, se jouera de la gravité (1 800/3 000 €). Le confort sera au rendez-vous avec les formes enveloppantes d’un fauteuil « Jupiter » en cuir noir de Pierre Guariche (600/800 €), de la paire de fauteuils « 770 » imaginés par Joseph-André Motte pour Steiner, garnis d’un tissu de Pierre Frey (6 000/8 000 €), et des cinq « champagne chair » en Plexiglas d’Erwine et Estelle Laverne (8 000/12 000 €). À ces deux mètres de long, une enfilade suspendue en teck, la « RY 26 », conçue par Hans J. Wegner et éditée par Ry, se fera remarquer autour de 3 500 €. Devant elle, se dérouleront les trois mètres d’un tapis tissé d’après un carton de Kandinsky (3 200/4 000 €).

dimanche 09 mai 2021 - 14:30 - Live
Versailles - 3, impasse des Chevau-Légers - 78000
Versailles Enchères
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