Adolf Ulrik Wertmüller, un suédois à Bordeaux

Le 26 novembre 2020, par Claire Papon

Ce portrait d’Elisabeth Skinner est l’œuvre d’Adolf Ulrik Wertmüller, cousin du peintre suédois Alexandre Roslin.

Adolf Ulrik Wertmüller (1751-1811), Portrait d’Elisabeth Skinner, future épouse de John Lewis Brown, 1789, huile sur toile, 65 55 cm.
Estimation : 8 000/10 000 

Formé à l’académie des beaux-arts de Stockholm, puis par Joseph-Marie Vien à Paris, où il arrive en 1774, Adolf Ulrik Wertmüller est l’auteur de quelques compositions mythologiques, mais c’est en tant que portraitiste qu’il gagne sa réputation, obtenant même le privilège de représenter Marie-Antoinette se promenant avec ses deux enfants dans le parc de Trianon (Nationalmuseum de Stockholm). Après avoir travaillé pour la grande bourgeoisie lyonnaise, il s’installe à Bordeaux en septembre 1788. En deux ans, il réalise plus de cinquante-deux portraits. La plupart des modèles sont issus du milieu des négociants des Chartrons et quatre d’entre eux sont conservés au musée des beaux-arts de la cité girondine, dont celui de David Skinner (1737-1803), père de notre portrait d’Elisabeth, figurée sur ce tableau, qui les rejoindra peut-être. Si la raideur de la pose rappelle la manière d’Alexandre Roslin, le buste droit, la tête légèrement en arrière, les fleurs disposées sur le buste font écho aux portraits d’Antoine Vestier et d’Élisabeth Vigée Le Brun. Après David – directeur de la maison de commerce Skinner et Fenwick – et Margaret (1744-1829) Skinner, en 1788, c’est au tour de leur fille de poser. La jeune femme a 26 ans. En 1791, elle épousera John Lewis-Brown, neveu de Robert Fenwick, bientôt à la tête de la prospère entreprise. Le couple est à l’origine des branches françaises des familles Brown et Brown de Colstoun, propriétaire du château de Cantenac.

Panorama (avant-vente)

Feu de tout bois

Le 26 novembre 2020, par Claire Papon

Rendez-vous mardi 1er, en live, chez Daguerre (M. Derouineau, expert) pour cette paire d’encoignures en acajou et placage d’acajou (79,5 41 cm chaque), aux montants cannelés et rudentés, aux pieds fuselés terminés par des bagues en bronze, et au dessus de marbre blanc, estimée 2 500/3 000 €. Estampillés Jacques Bircklé (ébéniste reçu maître en 1764), nos meubles portent la marque «W» et la mention à l’encre «Pour le service de monsieur le contrôleur général à Versailles». L’heureux destinataire n’est autre que Charles Alexandre de Calonne (1734-1802), contrôleur général des finances nommé par Louis XVI le 3 novembre 1783.

Agenda
Le plus convoité parmi les tableaux anciens devrait être le Portrait d'Élisabeth Skinner par Adolf Ulrik Wertmüller. Exécuté en 1789, il est attendu autour de 8 000/10 000 € et a été conservé dans la famille du modèle. Plus étonnant peut-être, même s'il n'est estimé que 2 000/3 000 €, une toile de Théophile Fragonard – petit-fils du grand Jean-Honoré –, L'Habit d'Arlequin, met en scène un acteur, au visage noir et aux mains blanches, racontant une histoire à deux enfants. Personnage de la comedia dell'arte, Arlequin est reconnaissable à son masque noir – une allusion aux visages couverts de suie des charbonniers de Bergame, sa ville d'origine – et son pantalon à losanges. Des tableaux on passe aux miniatures, aux bijoux (dont un écrin comprenant une parure des années 1830 en or jaune estampée de Marret, 10 000/12 000 €), aux porcelaines (dont un ensemble d'assiettes de Sèvres du service des chasses de Louis-Philippe), et enfin aux meubles et objets. Une paire de chaises en bois doré Louis XV estampillées Foliot, livrées au duc de Luynes pour Dampierre (3 000/4 000 €), précède une coupe en céladon vert craquelé montée en bronze d'époque Louis XV (6 000/8 000 €) et une paire d'encoignures de Bircklé, livrées à Alexandre Calonne à Versailles (2 500/3 000 €).
mardi 01 décembre 2020 - 02:00 - Live
Salle 15 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Daguerre
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