Magritte avant Magritte

Le 25 mars 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

Le Portrait du commandant Marius Delsaux est une œuvre de jeunesse du peintre belge René Magritte. Un don pour remercier l’officier de sa bienveillance envers l’artiste.

René Magritte (1898-1967), Portrait du commandant Marius Delsaux, 1923, huile sur toile signée et datée en haut à droite « R Magritte 1923 », 55 40 cm.
Estimation : 50 000/80 000 

Nous sommes ici bien loin de l’œuvre emblématique Le Fils de l’homme, toile de la fin de sa carrière figurant un personnage au visage dissimulé par une pomme. C’est, en effet, un René Magritte fraîchement sorti de l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles qui exécute ce Portrait du commandant Marius Delsaux en 1923. Il a, alors, tout juste 25 ans et ne s’est pas encore confronté à la scène parisienne, emmenée, en ces temps, par Dada. Le jeune Magritte a déjà été exposé au Centre d’art de Bruxelles, quand il s’apprête à partir effectuer son service militaire en décembre 1920, au sein de l’armée belge. Un temps muté dans la capitale, il est rapidement envoyé au camp de Beverlo à Bourg-Léopold. C’est dans cette base militaire qu’il entre en contact avec Marius Delsaux : l’officier y est affecté depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Selon la tradition orale familiale, ce tableau fut un cadeau de Magritte en 1923, en remerciement de quelques permissions accordées d’aller étudier aux Beaux-Arts pendant son service militaire. Vêtu de son uniforme, affichant fièrement ses décorations et distinctions honorifiques, Marius Delsaux regarde au loin, tel un officier sur un champ de bataille. L’arrière-plan rouge renvoie, lui aussi, à l’imaginaire de la guerre et au sang versé : s’était-il entretenu avec le jeune peintre sur l’horreur du conflit mondial auquel il avait participé ? Sur la toile, Magritte a restitué toute la force et l’honneur d’un officier qui mène ses troupes au combat. On y décèle déjà les intentions futures de celui qui saura adoucir contrastes et valeurs chromatiques, leur préférant la pertinence du dessin. De cette période naît une série de tableau d’officiers qui lui avaient accordé des permissions similaires. C’est notamment le cas du Portrait du capitaine Albert Tahon, conservé en main privée. Daté de 1921, il atteste lui aussi de la reconnaissance du jeune Magritte envers ceux qui lui ont permis

Agenda
Le catalogue fait la part belle à la collection du critique d'art Charles Bernard parmi des collections belges et luxembourgeoises. Y figure une vanité de Nicola Van Houbraken, estimée 4 000/6 000 €, ainsi qu'un portrait attribué à l'école hollandaise d'avant 1650, estimé 5 000/7 000 €, parmi un choix de peintures hollandaises. Une pendulette dans un style Louis XV (400/600 €) ainsi qu'une coupe à anse Napoléon III (700/900 €) pourront attirer l'œil des amoureux de beaux objets, tout comme cette curiosité, la caisse enregistreuse du Rick's Café à Bruxelles, une Dayton Ohio en laiton doré, verre, métal peint et bois, commercialisée à partir de 1884 (500/600 €). 
dimanche 28 mars 2021 - 02:30 - Live
Bruxelles - 39B, avenue des Casernes - 1040
Millon Belgique , Millon
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