René Seyssaud à la maison

Le 15 décembre 2017, par Caroline Legrand

Dans le village de Villes-sur-Auzon, on n’a pas oublié René Seyssaud.

René Seyssaud (1867-1952), Rue à Villes-sur-Auzon, vers 1900, toile, 100 x 81 cm.
Estimation : 6 000/8 000 €

La bibliothèque porte d’ailleurs le nom de l’artiste. Chacun sait l’hommage qu’a rendu le peintre à cette commune, située au pied du mont Ventoux, dans le Vaucluse, au travers de nombreux paysages comme notre lumineuse toile, décrivant avec simplicité et poésie la douceur de vivre dans ses ruelles. Seyssaud s’y installe suite à son mariage, en 1899. Il y restera cinq années avant de partir plus près de la mer, à Saint-Chamas, dans les Bouches-du-Rhône. Une période de création cruciale dans sa carrière, alors en pleine évolution vers un style que l’on appellera, à partir du Salon d’automne de 1905, le fauvisme. René Seyssaud en est l’un des précurseurs, par ses coloris soutenus, mis en valeur par une pâte épaisse, et la volonté de retranscrire ses émotions. Matisse aurait dit du peintre marseillais qu’il l’avait devancé de treize années dans ses recherches. Plus âgé que le maître parisien, Seyssaud est né en 1867 dans la cité phocéenne. Après être entré à 13 ans aux beaux-arts, il fréquente le milieu littéraire et artistique, dont Lauzet et Guigou. En 1885, suite à la mort de son père, qui était avocat, il part en Avignon auprès de ses grands-parents. Il y poursuivra sa formation, sous la direction de Pierre Grivolas, qui aura sur lui une grande influence. Il participera à la création du «groupe des jeunes» avec d’autres artistes provençaux comme Joachim Gasquet, Jean Lorrain et Jean Lombard. Dès 1892, on lui offre la possibilité d’exposer au Salon des indépendants de Paris. Par la suite, grâce au soutien de son fidèle mécène François Honnorat – ­courtier en huiles à Marseille et collectionneur de Monticelli –, les autres salons et les galeries s’ouvrent à lui. Le marchand parisien Le Barc de Bouteville lui consacrera une exposition en 1897, suivi de Bernheim-Jeune, trois ans plus tard. Onze de ses tableaux seront par ailleurs achetés par l’État, dont Les Sainfoins au soleil couchant, pour le musée du Luxembourg. Il exposera également à l’étranger, notamment à New York en 1920. Une juste récompense. 

Agenda
Le Soleil brillera aux cimaises avec par exemple une Rue à Villes-sur-Auzon du peintre fauve René Seyssaud (6 000/8 000 €), une Animation sur les quais d'Istanbul, de Charles Malfroy (3 500/4 500 €), et La Cathédrale Saint-Étienne d'Agde, de Joseph Garibaldi (3 500/4 000 €). Les couleurs chaudes de la Provence ont également influencé les natures mortes de Pierre Ambrogiani, à l'image d'un Bouquet de glaïeuls sur fond violet de l'artiste (3 000/4 000 €). Même le peintre normand André Hambourg a été attiré un temps par la cité phocéenne, comme en témoignera une vue du Port de Marseille (6 000/8 000 €). Du reste de ce sommaire, on remarquera une rare petite console d'applique en fer forgé ou fer battu partiellement doré, issue d'un travail méridional de la première moitié du XVIIIe (5 000/6 000 €), mais aussi une statue de Guanyin chinoise de la fin du XIXe siècle, en bois sculpté, anciennement doré et polychromé, assise et vêtue d'un drapé et parée de bijoux (2 000/2 500 €).  
dimanche 17 décembre 2017 - 10:30
Marseille - 51, rue Alfred-Curtel - 13010
Marseille Enchères Provence
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