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Kisling, haut en couleur

Le 08 juillet 2020, par Caroline Legrand

Des couleurs saturées voyant s’opposer les tons chauds et froids, un dessin stylisé et une composition équilibrée… Moïse Kisling est décidément un maître du genre de la nature morte.

Kisling, haut en couleur
Moïse Kisling (1891-1953), Fleurs, 1937, huile sur toile, signée, datée et située « Paris », 73 54 cm.
Estimation : 40 000/50 000 

Provenant de l’ancienne collection de Madame Marie Six Saint, puis resté dans sa descendance, ce tableau illustre l’un des genres favoris du peintre d’origine juive polonaise, mais aussi des collectionneurs, qui plébiscitent régulièrement sur le marché le passage de ses bouquets de fleurs. C’est en 1937, à Paris, que Moïse Kisling a peint cette toile. Il est alors l’une des figures marquantes du quartier de Montparnasse et de la fameuse école de Paris qui regroupe de nombreux artistes étrangers, venus alimenter ce foyer culturel dédié aux avant-gardes artistiques. Cet ancien élève de Pankiewicz, à l’école des beaux-arts de Cracovie, arrive en France en 1910 sur les conseils de son maître. Il y découvre avec émerveillement l’œuvre des grands modernes, en tête desquels Cézanne – dont il s’inspirera largement dans ses natures mortes florales – pour sa sobriété, mais aussi pour la volonté de construire chaque élément par facettes de formes géométriques. Toutefois, ce coloriste visitera aussi Pont-Aven et Céret, où séjourne souvent Matisse. Si le cubisme de Picasso et de Gris a pu également le tenter, Kisling est demeuré fidèle à la figuration, et à un style toujours décoratif malgré des tentations expressionnistes. En 1912, il fait la rencontre du marchand Adolphe Basler ; sept ans plus tard, la galerie Druet lui consacre une importante exposition. Il est rapidement devenu l’une des figures marquantes des «années folles» aux côtés de son ami Modigliani, qui le portraiturera, de Soutine, Derain, Gris ou Picasso. Les plus grandes personnalités de l’époque passent dans son atelier parisien du 3, rue Joseph-Bara, qu’il occupe de 1913 à 1939, et en particulier des femmes, parmi lesquelles Arletty, Colette ou Marie Laurencin – dont il laisse de beaux portraits. Blessé durant la Première Guerre mondiale alors qu’il s’est engagé dans la Légion étrangère française, il s’exilera à New York durant la seconde, au moment de l’Occupation, avant de revenir s’installer  définitivement à Sanary-sur-Mer.

Agenda

Rendez-vous en Hauts-de-France pour un programme pouvant aller d'une Polletaise formant porte-aiguilles en ivoire, issue d'un travail dieppois du XIXe (50/100 €), à des Fleurs peintes en 1937 par l'artiste d'origine polonaise Moïse Kisling (40 000/50 000 €). On poursuivra ce menu électique par une bague en platine ornée d'un diamant  octogonal de 7,21 ct, de couleur H et pureté SI1 entre deux diamants baguette (30 000/40 000 €), mais aussi un émail champlevé sur cuivre signé Jean Goulden, figurant un Paysage de plaine de Champagne et datant de 1931 (6 000/9 000 €). Les collectionneurs d'art nouveau choisiront quant à eux entre un vase Daum à décor gravé de capucines en violine (3 000/4 000 €) et un important mobilier de salle à manger de Louis Majorelle, modèle Viorne, en placage de ronce de noyer et comprenant un buffet à deux corps, une desserte, une table de salle à manger, six chaises, deux fauteuils ainsi qu'une cheminée (25 000/30 000 €).

bijoux, montres, tableaux, mobilier et objets d'art
mardi 14 juillet 2020 - 14:30 (CEST)
54, rue Pierre-Martin - Parc d'activités de l'Inquétrie - 62280 Saint-Martin-Boulogne
Enchères Côte d'Opale
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