Collection Janine Saladin

Le 28 mai 2020, par Claire Papon

Une dizaine de parures de Suzanne Belperron composent l’écrin de cette femme au caractère à toute épreuve, l’une des premières à intégrer la haute administration.

Suzanne Belperron (1900-1983), clip de revers en or jaune à décor d’enroulements, partiellement orné d’émeraudes et de diamants ronds taillés en huit-huit et de taille ancienne. 4,9 3,1 cm.
Estimation : 7 000/10 000 

Diplômée de lettres et de droit, Janine Saladin (1920-2019) devient l’assistante de Raymond Marcellin – alors secrétaire d’État – avant de se spécialiser dans les domaines des assurances de guerre et de la réassurance maritime, des fonctions réservées, dans les années 1960, à l’élite masculine. Avec sa sœur aînée, Gilberte (1914-2002) pharmacienne, Janine se passionne pour l’opéra et les musées, se ressource lors de nombreux et luxueux séjours à Florence, Venise et Vienne, ou par le plaisir de collectionner objets d’art et porcelaines, dont un bel ensemble prend également le chemin des enchères. S’y ajoute un goût particulier pour les bijoux. C’est par l’intermédiaire d’un oncle qui travaille pour Jean Herz et Suzanne Belperron que les deux sœurs se rapprochent de celle-ci et en deviennent les clientes. Conservé dans l’écrin familial jusqu’à ce jour, cet ensemble composé de bagues, boucles d’oreilles, clips et colliers (estimés de 2 000 à 10 000 €), sont une parfaite signature de celle qui ne signait jamais ses créations… Aux pierres précieuses Belperron préfère les matériaux non précieux comme la citrine, le cristal de roche, la calcédoine ou l’agate, allie brillance et matité des gemmes et des métaux, lignes épurées et volumes où se répondent pans inclinés et spirales. Jusqu’au-boutiste, elle n’hésitait pas à assortir les couleurs des pierres avec les cheveux ou la carnation de ses clientes. Elle fut l’une des rares femmes dans ce milieu de la joaillerie, essentiellement masculin. Un point commun avec Janine Saladin…

La diva Dalida

Le 28 mai 2020, par Claire Papon

L’un des registres de Pierre Balmain fut la création de costumes de scène, particulièrement pour la chanteuse Dalida, qui lui vouait une admiration sans borne.

Pierre Balmain (1914-1982), robe de scène en velours dévoré et Lurex noir et or portée par Dalida, vers 1980, n° 167768.
Estimation : 3 000/5 000 €

«Pierre Balmain c’était pour moi la vie en rose, en soie, en dentelle et quelquefois en strass…» aimait à dire Dalida, morte le 3 mai 1987 dans sa maison de Montmartre. Cette robe longue à large décolleté et bretelles que complète un manteau-cape bordé d’un boa en autruche noire et lamé or, elle la porte lors de son concert à Montréal le 9 avril 1983. Achetée dans une vente caritative le 20 mars 1985 par sa propriétaire actuelle, notre robe figurait à l’exposition consacrée au couturier au Musée national de Colombie, à Bogota, du 7 novembre 2003 au 4 janvier 2004. Emblème du chic à la française, Pierre Balmain fut une véritable référence de la mode parisienne de l’après-guerre avec ses robes aux tailles cintrées, ses bustiers aux jupes bouffantes et son goût particulier pour la broderie. En 2017, le palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris, mettait en lumière les tenues de jour et de scène de la star disparue trente ans plus tôt, au terme d’une carrière riche de nombreux succès et d’une vie ponctuée de drames. Tissus, paillettes, broderies et plumes… la garde-robe de l’ancienne miss Égypte 1954, icône de la chanson française, élaborée au gré des modes ou de ses affinités, témoignait aussi de son souci de maîtriser son image comme de l’inscrire dans la légende. Un vestiaire – où les fourreaux glamour éclaboussés de strass ou les cuirs à épaulettes ont succédé aux jupes de crépon pastel sous le genou et aux robes blanches – qui en dit long sur la vie compliquée de Yolanda Gigliotti.
 

Agenda
C'est au-dessus des vitrines de bijoux que l'on se penchera pour commencer et notamment sur ceux de Suzanne Belperron, provenant de l'écrin de Janine Saladin (1920-2019). Le chapitre suivant, devenu presque un classique sous l'intitulé "Madame sort ses griffes" , verra défiler des tenues (et des coiffures) de Lucien Lelong, Jeanne Lanvin, Schiaparelli, Jacques Fath, Carven, Jean Patou et Christian Dior. Une place spéciale revient à Pierre Balmain dont sont proposées une rocbe de mariée en tulle à décor de fleurs stylisées vers 1962-1963 (600/800 €), deux robes du soir, la première en taffetas turquoise rebrodé (vers 1967-1969, 800/1 200 €), la seconde une variation du modèle "Anapurna" (automne 1957, 600/800 €), sans omettre une robe de scène de Dalida vers 1980. Une parenthèse avec une Adoration des bergers sur cuivre de l'Anversois Guillaume Forchondt II (6 000/8 000 €), puis l'on passe à un bel ensemble de pâtes tendres et dures de Mennecy, Saint-Cloud et Sèvres (est. 200 à 8 000 €). Comme l'ensemble d'opalines du milieu XIXe, elles ont fait partie de la collection Saladin. Prévoyez 4 000/6 000 € enfin pour un cabinet en placage d'ébène et bois noirci, à décor marqueté d'ivoire sur fond d'écaille rouge XVIIe, probablement flamand.
jeudi 04 juin 2020 - 13:30 - Live
Salle 1 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Tessier & Sarrou et Associés
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