Quand la laque évoque l’harmonie

Le 06 juin 2019, par Claire Papon et Anne Foster

L’épanouissement des arts sous la dynastie des Ming correspond à un âge d’or ; reprenant des techniques ancestrales comme l’art de la laque, les artisans de cette époque les portent à leur acmé.
 

Chine, première moitié de la période Ming, XIVe-XVe siècle. Boîte reprenant la forme d’un nénuphar, à quatre compartiments superposés en bois laqué noir, à décor incrusté de nacre, l’intérieur en laque rouge, marque d’atelier incrustée de nacre sur la base, h. 23,3, diam. 16 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Utilisée pour protéger toutes sortes d’objets, des tissus aux coupes, des cercueils aux instruments de musique, d’ustensiles du quotidien à ceux liturgiques, la laque est quasi synonyme de civilisation chinoise. Au fil des siècles, son travail minutieux et exigeant en temps devient de plus en plus fouillé, adoptant des pigments pour colorer cette matière blanchâtre qui fonce en séchant. Tout laque, avidement recherché par ceux qui peuvent se l’offrir, se pare de décors inspirés de la mythologie, de la littérature et de la nature. Cette boîte à quatre compartiments permet à l’artiste d’exercer sa virtuosité. Pour le couvercle, il a choisi une scène figurant des enfants jouant ou faisant leur toilette dans un jardin, sous un saule pleureur, sous l’œil attentif d’un dignitaire se tenant devant un pavillon. Sur la bordure du couvercle et des compartiments, il alterne de scènes à décor de fleurs, comme des pivoines et des chrysanthèmes, de bambous, de roseaux et d’arbres, tels des pins et des saules pleureurs. Du répertoire animalier, il a retenu des canards mandarins, des lapins et des hirondelles, associés avec des animaux mythiques, qilin et chimères. On retrouve aussi les activités des lettrés dans des médaillons sur fond de motifs géométriques. Chaque série de représentations est superposée. Pour accentuer l’effet décoratif, les profonds sillons de la laque ont été emplis de nacre burgautée, l’effet précieux s’en trouvant renforcé. Développée sous les Ming, l’incrustation de jade, d’or et autres matières précieuses marque l’apogée de cet art, poursuivi sous les Qing, notamment adapté à l’art des émaux cloisonnés pour une gracieuse théière (voir l'article événement Une Asie aux multiples visages de la Gazette 21, page 16).
 

 
Agenda

Honneur aux arts de la Chine, celle du début de la période Ming, XIVe siècle, avec une  fresque polychrome sur pisé représentant trois bodhisattvas sur des nuages, vêtus de robes cérémonielles et présentant des offrandes comme un livre de sutras et des fleurs ; mesurant 140 x 107 cm, elle est estimée autour de 60 000/ 0 000 €. On remarque également un vase de Guanyin en jadéite translucide légèrement mauve infusé de vert émeraude sculpté dans la masse, orné de deux anses mobiles supportant des anneaux, à décor d’un dragon poursuivant la perle sacrée et d’un poème comparant la couleur de la jadéite à la beauté et l’harmonie du printemps ; il porte une marque Qianlong, dynastie Qing (8 000/12 000 €). Terminons par l’art du Népal, au XIVe-XVe siècle avec une statuette en cuivre doré représentant le bouddha Akshobhya (25 000/35 000 €).

mercredi 12 juin 2019 - 14:00 - Live
Salle 7 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Gros & Delettrez
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne