La griffe d’un grand animalier

Le 17 février 2021, par Caroline Legrand

Aux côtés de Barye, Frémiet, Pompon ou Bugatti, Georges Guyot a su marquer de son nom la sculpture animalière, grâce à sa sensibilité et à son sens de l’observation.

Georges Lucien Guyot (1885-1973), Panthère aiguisant ses griffes, bronze, cire perdue, Susse Frères Éditeurs Paris, 77 55 cm. 
Estimation : 30 000/40 000 

Depuis la nuit des temps, les animaux intriguent et passionnent les hommes. Si la sculpture animalière s’est concentrée durant toute la Renaissance et la période baroque sur les œuvres équestres, le XIXe siècle élargit l’horizon des artistes, grâce à la découverte d’un monde et d’espèces nouveaux. D’une part, les voyages deviennent plus aisés, notamment en Afrique du Nord ; et de l’autre, on assiste à la naissance des zoos dans les grandes capitales, comme à Paris, où la ménagerie du Jardin des Plantes est créée en 1793, à l’initiative de Bernardin de Saint-Pierre. Un lieu qui devient au début du XXe siècle le cadre de travail favori des sculpteurs animaliers, parmi lesquels le Parisien Georges Guyot. Il aime s’y rendre et étudier avec attention chacune des attitudes de ces félins, ours ou singes afin de retranscrire dans ses sculptures leur caractère profond, leur instinct spécifique. Ainsi les chevaux laissent-ils place aux animaux sauvages. Et les félins passionnent plus que tout autre espèce les artistes, mais aussi les collectionneurs. Ce n’est pas un hasard si les œuvres les plus prisées de Guyot ne sont autres que la Panthère humant ou la Panthère aiguisant ses griffes… Georges Lucien Guyot est attiré par les animaux dès son plus jeune âge, désirant les peindre ou leur donner forme dans des sculptures. Issu d’une famille modeste, il ne peut pas intégrer une grande école d’art ; il débute donc humblement sa formation comme apprenti d’un sculpteur sur bois, perfectionnant seul ses capacités en copiant des œuvres anciennes, mais aussi en étudiant sur le motif ses chères amies les bêtes. Il s’installe bientôt au Bateau-Lavoir, rue de Ravignan : il y restera cinquante-deux années. Travaillant sans relâche, il envoie ses premières œuvres dès le début du XXe siècle au Salon des artistes français, mais c’est après la Première Guerre mondiale que sa carrière débute réellement, avec plusieurs expositions au Salon des indépendants puis au Salon d’automne. Malgré l’engouement pour les sculptures animalières à cette époque, il faudra attendre l’année 1970, et les 85 ans de Guyot, pour que lui soit consacrée une exposition personnelle.

Agenda
Deux lots domineront ce sommaire. Tout d'abord une Vue imaginaire d'un port antique peinte en 1854 par Lancelot Théodore, comte de Turpin de Crissé, dont on attend 80 000/100 000 € (voir Gazette n° 6, page 27). Une œuvre typique de son travail marqué par sa passion pour l'Italie et l'Antiquité. Turpin de Crissé nous livre ici une reconstitution à la fois imaginaire et la plus fidèle possible d'une ancienne colonie grecque en Sicile, probablement à Messine dont on reconnaît la forme de l'anse du port. On se tournera ensuite vers un bronze animalier de Georges Lucien Guyot, Panthère aiguisant ses griffes, qui pourrait atteindre les 30 000/40 000 €. Parmi la sélection de bijoux, on relèvera une bague en or jaune orné d'une émeraude de forme poire taille brillant d'environ 5,5/6 ct entourée de quatorze diamants taille brillant (5 000/6 000 €). Concluons sur un panneau en bois sculpté de Roger Mequignon, La Conquête du cheval, réalisé d'après le panneau en laque exécuté par Jean Dunand pour le fumoir du paquebot Normandie en 1935 (4 000/5 000 €). 
mercredi 24 février 2021 - 09:30 - Live
Bordeaux - 136, quai des Chartrons - 33300
A.Blanchy | E.Lacombe - Bordeaux Chartrons - Bordeaux Enchères
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