Vase mystificateur à Soissons

Le 11 mars 2021, par Caroline Legrand

Cette très belle urne a failli duper tout le monde. Découverte au XIXe siècle, elle fut faussement authentifiée comme romaine…

Urne en bronze à patine vert foncé de forme cylindrique, à décor en relief, inscription gravée « DIS.M.HIRTIUS.C.ANNO.VIICX. », h. 24, diam. 21,8 cm.
Estimation : 2 000/3 000 

On peut dire que cette urne fait désormais partie de l’histoire de l’archéologie du XIXe siècle. Il faut revenir à l’origine de sa découverte, lors de fouilles à Bavay en 1834, dans un champ bordant l’ancienne voie romaine menant à Reims. Contenant de la poussière et des ossements, elle pique immédiatement la curiosité des archéologues, dont la discipline scientifique, rappelons-le, est encore naissante. Son décor présente un homme blessé portant une couronne de lauriers sous un palmier, accompagné d’un putto et d’un jeune serviteur. L’inscription gravée leur vaut d’identifier ce vase cinéraire comme étant celui du lieutenant de César, Hirtius, auteur également du VIIIe tome de la Guerre des Gaules. Une découverte mise en lumière par la presse internationale et soutenue par l’historien Arthur Dinaux, dans une description très précise dans les Archives historiques et littéraires du nord de la France. À la suite de cette publication, son découvreur Hector Bochard vend le vase de bronze à un notable local, M. Royer. Ce dernier le cédera à son tour au comte de Renesse-Breidbarch, collectionneur célèbre et vice-président du Sénat belge, avant que l’urne ne passe enfin, en 1864, dans la collection du comte Émile de Meester de Ravestein qui, le premier, émet des doutes sur son authenticité et s’en débarrasse. On perd alors sa trace… jusqu’à aujourd’hui. Certains pensent qu’elle a été réalisée par un atelier padouan de la Renaissance, d’autres par un faussaire hollandais. Son futur acquéreur apportera-t-il le fin mot de l’histoire ?

Agenda
Cette vente aux estimations accessibles sera l'occasion d'emporter une urne cinéraire découverte le 27 novembre 1834 à Bavay. Celle-ci fit beaucoup parler d'elle, puisqu'elle fut identifiée à l'époque comme celle d'Aulus Hirtius, lieutenant de Jules César, auteur du VIIIe tome de La Guerre des Gaules. Elle ne fut jamais présentée au public, passa par les collections du comte de Renesse-Breidbach et du comte de Meester de Ravestein, avant que ce dernier n'ait des doutes sur son authenticité. 2 000/3 000 € sont annoncés à son endroit. Une commode Transition estampillée Michard, en placage de bois de rose et de palissandre à décor de filets de bois noirci et bois clair alterné (2 000/2 500 €), occupera encore ce sommaire avec un ensemble de quatre grandes appliques de Barovier et Toso à Murano, des pièces des années 1970 (1 200/1 500 €). Les amateurs de peinture classique ne seront pas oubliés et se tourneront quant à eux vers le Paysage dans la campagne romaine de Martin Verstappen, dont on attend 6 000/8 000 €. 
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