Hommage à l’art angevin

Le 26 novembre 2020, par Caroline Legrand

Passée par la célèbre collection Toussaint Grille au XIXe siècle, cette paire de bustes en médaillon illustre par ailleurs l’art funéraire du XVIIe

Troisième quart du XVIIe siècle. Paire de bustes en médaillon de forme ovale, en marbre blanc sculpté en haut relief, représentant Pierre Le Chat (1583-1652), sieur de La Touche, et son épouse Anne, née Ayrault (1603-1672), 47 37 et 47 36 cm.
Estimation : 40 000/50 000 

Impressionnantes par leur facture en haut relief sculpté directement dans le marbre, ces deux œuvres le sont également en raison de leur origine et de leur histoire. Débutons par les modèles. Pierre Le Chat, sieur de La Touche, n’était autre que lieutenant criminel au présidial d’Angers et écuyer conseiller du roi dans la première moitié du XVIIe siècle. Il épousa le 5 juin 1618 en l’église Saint-Michel-du-Tertre de la ville Anne Ayrault, fille de Pierre Auguste Ayrault (1576-1626), seigneur de La lande et de La Moisandière. C’était là l’union de deux familles influentes de la noblesse de robe angevine. À leur mort fut érigé un important monument funéraire dans l’église des Carmes d’Angers, détruit en 1796 sous la Révolution. Il n’en subsiste plus que ces deux médaillons… Dans le dernier tiers du XVIIe siècle, ces hommages avec l’effigie sculptée des défunts étaient courants ; un bel exemple en est donné à Paris avec celui des frères de Castellane par François Girardon, dans la chapelle Sainte-Marguerite à Saint-Germain-des-Prés. Le monument de Pierre Le Chat et de son épouse se distingue au cœur de la production angevine par l’utilisation du marbre, les sculptures et retables présents dans les ouvrages funéraires étant le plus souvent en terre cuite polychrome. L’expert le place dans la lignée de l’atelier de Philippe de Buyster (1595-1688), qui apporta un renouveau dans l’art de la région à la fin du XVIIe. Mais pour en revenir à ces médaillons, que devinrent-ils après 1796 ? Selon les notes laissées par Toussaint Grille (1766-1850), qui les acquît en 1824, ils seraient passés par un certain Franery Ainé puis par le sieur Richôme, un « revendeur » auquel il les avait achetés. Très grand collectionneur de la première moitié du XIXe siècle, érudit, antiquaire et ancien directeur de la bibliothèque d’Angers, Toussaint Grille a réuni au fil de sa vie plusieurs milliers d’œuvres d’art, dispersées après son décès en 1851. Parmi eux, ces médaillons alors achetés par… la famille Ayrault-Lechat, qui les a conservés par descendance jusqu’à aujourd’hui.

Agenda
Un lot dominera cette vente classique dédiée aux arts anciens : une paire de bustes en médaillon de forme ovale en marbre blanc sculpté immortalisant en haut relief de Pierre Le Chat et son épouse Anne Ayrault, deux œuvres du troisième quart du XVIIe siècle destinées originellement au monument funéraire de ces deux Angevins et qui passèrent par la prestigieuse collection de Toussaint Grille au XIXe siècle. 40 000/50 000 € devront être déboursés pour leur acquisition. Alentour rivalisent une paire d'aquarelles du XVIIIe d'Abraham-Louis Ducros, Vue du temple de Saturne et Temple d'Antonin et de Faustine (6 000/8 000 €), une toile du peintre animalier Olivier Charles de Penne, Quatre chiens au repos, redingote rouge (5 000/7 000 €), mais aussi un torque celte en bronze à patine verte, issu d'un travail champenois du milieu du IVe siècle av. J.-C. (4 000/6 000 €), et un bureau à cylindre Louis XVI en acajou estampillé Jean-François Leleu (même estimation).   
mardi 01 décembre 2020 - 02:30 - Live
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Chauviré & Courant - Enchères Pays de Loire
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