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Une pendule impériale en forme de festival cinétique horloger chinois

Publié le , par Arthur Frydman

Cette pendule fabriquée en Chine au XVIIIe siècle pour satisfaire l’empereur Qianlong ne se contente pas de donner l’heure, elle s’anime de haut en bas pour apporter son tribut au souverain.

Chine, époque Qianlong (1736-1795). Pendule impériale à automate à décor de porteurs... Une pendule impériale en forme de festival cinétique horloger chinois
Chine, époque Qianlong (1736-1795). Pendule impériale à automate à décor de porteurs de tributs, bronze doré, incrustations de pierres de couleurs, peinture fixée sous verre, miroir, émail et soie, mécanisme à carillon à trois mélodies, 85 24 23 cm.
Estimation : 800 000/1,2 M€

Nous sommes le 27 mai 2008 à Hong Kong. Christie’s disperse un bel ensemble de quinze pendules chinoises à automate datant de la fin du XVIIIe siècle, issues des collections du Nezu Museum de Tokyo. Quinze horloges ayant appartenu à divers empereurs, tous fascinés par les mécanismes de ces pendules qui ornaient nombre de pièces des palais de la Cité interdite. Cette rare et importante pendule à automate impériale d’époque Qianlong était alors adjugée l’équivalent de 3,5 M€. Elle partait orner l’intérieur d’un collectionneur, et le marché de l’art n’en avait plus entendu parler. On la retrouve aujourd’hui, estimée entre 800 000 et 1,2 M€. « Une évaluation prudente puisque la mise à l’encan de cette horloge intervient dans le cadre d’une saisie-vente lors de laquelle s’imposent des frais judiciaires particuliers de 14,28 % », rappelle Olivier Valmier, nouvellement associé chez Aponem. Ce dernier, en compagnie de maître Tristan Favreau, est tombé nez à nez avec la pendule à automate, rangée au fin fond d’une caisse, lors d’un inventaire dans le Val-d’Oise réalisé à la demande de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués. « Un objet extraordinaire qui, outre sa beauté plastique quant aux émaux et bronzes dorés, délivre trois mélodies grâce à un carillon qui se déclenche lorsque l’automate s’anime. Un rare et émouvant témoignage de la musique qui devait probablement résonner dans les différentes salles de la Cité interdite », poursuit Olivier Valmier. Et la musique est loin d’être le seul raffinement mécanique de cette pendule. Chaque heure, l’automate s’active. Dans la partie inférieure, sur un fond de miroir, les porteurs de tributs se mettent en mouvement, accompagnés d’éléphants et chevaux. Par ailleurs, les personnages entrent et sortent d’une maison à l’européenne placée sur chaque côté. Les quatre arbres qui encadrent le cadran tournent sur eux-mêmes, tout comme les roues de Sainte-Catherine émergeant des pots en bronze doré, l’arbre fleuri sommital sur le cylindre à mouvement. Ce dernier offre un véritable festival cinétique : huit cylindres émaillés tournent sur eux-mêmes et dans le sens des aiguilles d’une montre, alternés avec des roues de Sainte-Catherine à six branches également animées. Reste à imaginer tous ces raffinements étincelants dans la pénombre de la salle d’un palais pour retrouver la magie suscitée par ce type de pendule…




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