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Rétrospective Baselitz au Centre Pompidou

Le 09 novembre 2021, par Virginie Huet

Rétrospective Baselitz au Centre Pompidou
Georg Baselitz (né en 1938), Fingermalerei - Adler [Peinture au doigt - Aigle], 1972, huile sur toile, 250 180 cm, Bayerische Staatsgemälde-sammlungen, Pinakothek der Moderne, Munich, prêt du Wittelsbacher Ausgleichsfonds.
© Georg Baselitz, 2021 Photo BPK, Berlin, Dist. RMN-GP/ [image BPK] 

«Je suis brutal, naïf et gothique», confesse d’emblée Georg Baselitz, né Hans-Georg Kern en 1938 dans le village de Deutschbaselitz – près de Dresde –, dont il a pris le nom dès 1961 : trois adjectifs qui ne pourraient mieux qualifier son grand œuvre peint, sculpté, gravé, traversé ici en onze séquences, toutes puissantes. D’un bout à l’autre de la Galerie 1, de l’autoportrait sans corps G. - Kopf (1960-1961), reprenant l’une des Expressions de la folie (1922) inventoriées par le psychiatre et historien d’art Hans Prinzhorn, à Wagon-lit mit Eisenbett (2019), monotype à l’huile figurant son épouse Elke tel un spectre couché, une même ombre plane, épaisse, comme la matière qu’il applique au doigt dans les années 1970. L’art de Baselitz est grave et sombre, en dépit de sa palette vive, et dans ses toiles rageuses, si grandes, si physiques qu’on les croirait faites de main d’ogre, les traumas et tourments sont légion. Les hommages aussi. Goya, Géricault, Courbet, Cranach, Munch, Dix, De Kooning… Tous l’accompagnent et son cycle «Remix», ouvert en 2005, ne fait pas mystère de cet héritage. L’histoire n’est chez lui jamais passée et pourtant, elle produit des «images nouvelles» – ainsi des «tableaux russes» (1998-2005), variations sur les mauvais souvenirs d’une jeunesse bercée par la propagande soviétique. Hors catégorie, Baselitz le déviant – et désormais académicien – n’a peur de rien. Par deux fois, ses caricatures du Führer scandalisent : en 1963, dans une galerie de Berlin-Ouest La Grande Nuit foutue (1962-1963) profile un Hitler adolescent tenant entre ses mains un membre colossal ; en 1980, à la Biennale de Venise, Modèle pour une sculpture (1979-1980) ébauche un dictateur amputé, dont le bras valide mime le salut nazi. Baselitz, qui met le monde à l’envers depuis 1969, est sans tabou. Sa fin, proche, hante la dernière salle, pleine de toiles récentes à la facture liquide.
 

Centre Pompidou,
place Georges-Pompidou, Paris 
IV
e, tél. : 01 44 78 12 33,
Jusqu’au 7 mars 2022.
www.centrepompidou.fr

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