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Reprise réussie pour la foire Arco à Madrid

Publié le , par Alexandre Crochet

Fondations, musées et collectionneurs ont montré un vif appétit pour les 40 ans de la foire d’art contemporain espagnole.

Le stand de la galerie Neugerriemschneider à Arco Madrid 2022.  © Neugerriemschneider,... Reprise réussie pour la foire Arco à Madrid

Le stand de la galerie Neugerriemschneider à Arco Madrid 2022. 
© Neugerriemschneider, Berlin photo Sebastiano Pellion di Persano

La manifestation dirigée par Maribel López revenait en force après être passée entre les gouttes en 2020, alors que la pandémie s’amorçait en Europe, et avoir dû programmer en juillet 2021 une version plus concentrée… et moins fréquentée. L’édition 2022 a attiré au total 75 000 visiteurs, dont 30 000 collectionneurs et professionnels. Considérée comme la plus importante vitrine pour l’art tant espagnol que latino-américain, la foire a réuni 159 galeries, sans compter les participants à la section spéciale des 40 ans (+ 1) de l’Arco… qui n’avaient pu être dignement célébrés l’an dernier ! Soit près de 20 galeries, dont une partie n’exposait pas dans le secteur général. Chantal Crousel consacrait ainsi un solo-show à Mona Hatoum. La galerie 1900-2000, qui avait cessé de participer à l’Arco, grande pourvoyeuse pour elle d’achats institutionnels, est revenue avec un accrochage autour du surréalisme. À quelques exceptions près – notamment Perrotin avec un Jesús Rafael Soto à plus de 600 000 € ou Thaddaeus Ropac et son Baselitz à plus de 1 € –, les pièces les plus chères tournaient généralement autour de 100 000/ 200 000 €, à l’instar d’une peinture de Myriam Cahn de 1983 chez Jocelyn Wolff. Si certaines mégagaleries ne sont pas revenues cette année, telles David Zwirner ou Hauser & Wirth, leur absence était compensée par le retour après une longue absence d’autres poids lourds, dont Neugerriemschneider de Berlin. Bien en vue à l’entrée de la foire, elle proposait au visiteur de modifier le sol en bois du stand et d’en replier certaines parties… Ravie, la galerie s’est délestée de nombreuses pièces, entre autres de Tomás Saraceno acquis par TBA21 Thyssen-Bornemisza Art Contemporary de Madrid et une œuvre de Mario García Torres achetée par la Fundación Helga de Alvear (Cáceres) : deux exemples parmi les innombrables achats des fondations privées et des musées, particulièrement actifs et qui réservent systématiquement un budget important pour leurs achats sur la foire.
Le soutien des institutions

La Fundación Helga de Alvear – créée par la galeriste du même nom – a aussi jeté son dévolu sur une œuvre de Dubuffet chez Lelong, qui avait misé sur un stand particulièrement vaste pour ce grand retour d’Arco. L’artiste est à l’affiche du Guggenheim de Bilbao, qui présente la collection de cet artiste français réunie par le Guggenheim de New York et celui de Venise. Mais il n’y a pas que les fondations privées. Les institutions espagnoles aussi ont soutenu la foire et l’art contemporain. À lui seul, le musée Reina Sofia a acquis seize œuvres, pour un total de 370 000 €. La commune de Madrid a fait mieux, et déboursé 405 000 € ! Ces œuvres rejoindront la collection du CA2M Centro de Arte Dos de Mayo, dans la capitale. Si l’Arco marche aussi bien, c’est sans doute d’abord grâce au soutien sans faille des institutions et des fondations. Mais également à la venue des collectionneurs espagnols et sud-américains. La crise sanitaire étant passée par là, ces derniers étaient un peu plus rares cette année. « Certes, il y en avait moins, mais de qualité : 30 % de nos ventes ont été faites à des collectionneurs latinos », confie Alex Mor, de la Galerie mor charpentier. Par un retour ironique de l’histoire, « les anciens pays colonisés par l’Espagne apportent aujourd’hui des collectionneurs majeurs dans une sorte de colonialisme inversé », s’amuse le collectionneur de Bruxelles Alain Servais. Last but not least, Allemands, Français et Suisses, parfois avec leurs conseillers, sont venus dans une atmosphère détendue arpenter la foire, prouvant que celle-ci n’est pas qu’un pré carré latino.

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