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Lee Ufan. Requiem à Arles

Publié le , par Virginie Chuimer-Layen

Pour célébrer les quarante ans de l’inscription d’Arles au patrimoine mondial de l’Unesco, la ville a invité l’artiste coréen Lee Ufan à imaginer un parcours « initiatique » de quatorze pièces, dont certaines inédites, au sein de la nécropole des Alyscamps. Comme souvent, celui qui vient d’ouvrir « Lee Ufan Arles », son...

Lee Ufan. Requiem à Arles
Lee Ufan (né en 1936), Relatum-The Silence et Fragments.
© Claire Dorn

Pour célébrer les quarante ans de l’inscription d’Arles au patrimoine mondial de l’Unesco, la ville a invité l’artiste coréen Lee Ufan à imaginer un parcours « initiatique » de quatorze pièces, dont certaines inédites, au sein de la nécropole des Alyscamps. Comme souvent, celui qui vient d’ouvrir « Lee Ufan Arles », son fonds de dotation, se mesure à la mémoire du lieu. Dernière demeure des défunts dont témoignent les sarcophages romains au bord du chemin menant à l’église Saint-Honorat, les Alyscamps, jadis admirés par Van Gogh et Gauguin, sont empreints d’une spiritualité intense dont Lee Ufan a capté majestueusement l’essence. Tous ses « environnements » célèbrent la mort dans ce qu’elle a de plus universel : le passage de l’homme sur terre, hier, aujourd’hui et demain. En effet, ce « Requiem » – où les Relatum, sculptures aux lignes pures, matières minérales et métalliques, dialoguent avec l’esprit des morts, l’architecture et la nature – met en exergue l’harmonie des cultures gréco-romaine, chrétienne et confucéenne, comme il évoque la mémoire du temps. Dans la première partie de cette exposition-dispositif, dans l’allée des sarcophages, Lee Ufan exhorte le public à passer symboliquement de l’autre côté du monde, à travers Relatum-Circle and Straight, dont la forme circulaire reprend celui des arcs romans, ou encore à écouter le chant des clochettes comme autant d’esprits anciens coréens qui, bercés par le vent, s’animent dans les arbres. Dans l’église, huit pièces, dont une peinture récente et Plastic Box, installation de cylindres renfermant eau et terre, sont réparties dans les nefs, chapelles, crypte et chœur. Dans une atmosphère contemplative et silencieuse, les « gestes » plastiques de l’artiste y trouvent une dimension sacrée presque supérieure, renforcée par le chromatisme minéral de l’architecture médiévale. Une ode apaisante à la mort, où le spectateur a rendez-vous surtout avec lui-même.

Les Alyscamps,
20, avenue des Alyscamps, Arles (13), tél. 
: 04 90 18 41,
Jusqu’au 29 septembre 2022.
provence-alpes-cotedazur.com
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