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La collection d’un amateur bruxellois taillée dans la pierre

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 03 octobre 2018 - 14:15 (CEST) - Salle 13 - Hôtel Drouot - 75009

La tentation a été la plus forte ! Cette Ève au serpent, traduite dans la pierre par Willy Anthoons (1911-1982), a emporté 52 836 €, soit un record mondial pour son auteur, classé parmi les tenants de la sculpture abstraite en Belgique. C’est pourtant une œuvre figurative que l’on reconnaît ici. Elle raconte sa première...

Willy Anthoons (1911-1982), Ève au serpent, 1942, sculpture en pierre, h. 80 cm.... La collection d’un amateur bruxellois taillée dans la pierre
Willy Anthoons (1911-1982), Ève au serpent, 1942, sculpture en pierre, h. 80 cm.
Adjugé : 52 836 €

La tentation a été la plus forte ! Cette Ève au serpent, traduite dans la pierre par Willy Anthoons (1911-1982), a emporté 52 836 €, soit un record mondial pour son auteur, classé parmi les tenants de la sculpture abstraite en Belgique. C’est pourtant une œuvre figurative que l’on reconnaît ici. Elle raconte sa première manière, lorsqu’au début des années 1940 le jeune homme, meurtri par les premiers mois de la guerre, se consacre entièrement à son art, peignant, dessinant et sculptant des corps féminins et des maternités. En 1945, il cofonde le mouvement de la Jeune Peinture belge dont il sera d’ailleurs le seul sculpteur et, dès l’année suivante, présente une œuvre abstraite majeure, la Cathédrale humaine. Il n’y aura plus de retour en arrière. Anthoons fréquente le milieu de l’abstraction européenne, de Jean Arp à Geer van Velde, en passant par Calder, Alechinsky et Hajdu. La taille directe dans le bois ou la pierre a toujours sa préférence, mais pour des formes désormais verticales et closes. Depuis le début des années 2010, cet artiste qui était un peu tombé dans l’oubli retrouve sa place : publication d’une monographie en 2012, expositions au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles et dans des galeries… Ce résultat le confirme. D’autres pièces d’artistes belges se trouvaient très logiquement dans la collection de cet amateur bruxellois à l’honneur page 68 de la Gazette no 33 du 28 septembre. Notamment une étonnante table de salon (71 x 83 x 62 cm) en argent massif, réalisée par l’orfèvre Sylvain Wolf vers 1925. Rappelons que depuis Louis XIV, le mobilier d’argent se fait des plus rares… Il s’agit ici d’une pièce unique, une commande spéciale réalisée pour la famille Bernstein, banquiers à Anvers au début du XXe siècle. De style Louis XV, avec ses coquilles stylisées, cette table pesant 12,250 kg se posait à 27 676 €. Quant à l’huile de l’Allemand Peter Behrens (1868-1940), représentant un vol d’oiseaux au-dessus des vagues, datée 1898 et reproduite dans l’article précité, elle surfait à 31 450 €, affichant franchement ses lignes art nouveau et son appétence pour le japonisme.

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