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Le pointillé en fanfare

Le 11 octobre 2018, par Anne Doridou-Heim

À Paris, au début du règne de Louis XIV, plusieurs ateliers se disputaient le marché fructueux de la reliure. De fait, beaucoup de bibliophiles sont comme Edmond de Goncourt, qui affirmait, dans ses Mémoires de la vie littéraire (1891), «j’aime les livres dont la reliure coûte très cher. Les belles choses ne sont belles…

Le pointillé en fanfare
Sénèque (vers 4 av. J.-C.-64 apr. J.-C.), Annæ Senecæ Philosophi Opera Omnia. Lugd. Batav., apud Elzevirios, 1639-1640, 3 vol. in-12, maroquin rouge à motif de quatre gerbes dorées au pointillé.
Adjugé : 13 764 €

À Paris, au début du règne de Louis XIV, plusieurs ateliers se disputaient le marché fructueux de la reliure. De fait, beaucoup de bibliophiles sont comme Edmond de Goncourt, qui affirmait, dans ses Mémoires de la vie littéraire (1891), «j’aime les livres dont la reliure coûte très cher. Les belles choses ne sont belles pour moi qu’à la condition d’être bien habillées.» Depuis le début du XVIIe siècle, les «habillages» de cuir à décor doré et luxueux sont destinés à des amateurs fortunés, et les relieurs tous installés dans le quartier de l’Université, par obligation royale commencent à signer leurs œuvres. Ils accèdent ainsi à une reconnaissance individuelle et commencent la promotion de leur savoir-faire. C’est ainsi que les noms de Macé Ruette, Le Gascon et celui de Florimond Badier circulent. Pour le troisième, il s’agit en fait d’un doreur ayant rejoint l’atelier auquel on a donné son nom par convention, puisque c’est sa seule signature qui a été retrouvée (vers 1640). Il se signale par une production de reliure en pointillé. Le procédé consiste à remplir les compartiments avec des petits fers pointillés et à créer des décors d’entrelacs, de bouquets et de gerbes rehaussés d’or de toute délicatesse. Ce compliment s’applique à ces trois volumes de Sénèque, Annæ Senecæ Philosophi Opera Omnia…, édités par les Elzévir vers 1640, ayant appartenu à l’ancienne collection Esmérian et lus à 13 764 €. Ils provenaient de la bibliothèque d’un esthète européen. Accompagnés de mobilier et objets d’art dont une commode en placage de bois de rose et d’amarante estampillée G. Landrin, de l’époque Louis XV (20 257 €) , ils ont permis à la vente de réunir 286 338 €.

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mercredi 03 octobre 2018 - 14:15 (CEST) - Live
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